Depuis la rupture entre Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko, Kiiraay attire des responsables venus de plusieurs formations. Des élus de l’APR et des cadres de Pastef ont annoncé leur ralliement, tandis que certains cas restent encore à clarifier.
Le paysage politique sénégalais poursuit sa recomposition autour de Bassirou Diomaye Faye. Depuis la rupture entre le chef de l’État et Ousmane Sonko, plusieurs responsables de l’APR et de Pastef ont annoncé leur départ de leurs formations respectives pour rejoindre Kiiraay.
Le parti présidentiel a été officiellement lancé le 25 juillet 2026 au King Fahd Palace de Dakar. Il est issu de la transformation de la coalition Diomaye Président et porte le nom de « Kiiraay – Les Patriotes républicains ». Bassirou Diomaye Faye en est le président d’honneur.
Lors de l’assemblée constitutive, Aminata Touré avait annoncé la fusion de 437 partis et mouvements avec la coalition présidentielle. Elle avait également évoqué l’adhésion de 346 maires. Ces chiffres correspondent aux annonces faites par les responsables de la formation et ne permettent pas, à eux seuls, d’établir la liste exhaustive des élus effectivement membres du parti.
Des départs enregistrés au sein de Pastef
La dynamique concerne notamment d’anciens responsables de Pastef.
Cheikh Saad-Bouh Diouf a quitté le parti le 21 juillet 2026. Il a expliqué sa décision par la nécessité de mettre sa situation politique en cohérence avec ses nouvelles fonctions de conseiller spécial.
Deux jours plus tard, Khouraichi Thiam, alors directeur général du Fonds d’appui à l’investissement des Sénégalais de l’extérieur, a également annoncé son départ de Pastef et son rapprochement avec la mouvance présidentielle.
À Louga, Aliou Fall, ancien coordonnateur départemental de Pastef et membre du Conseil national, a quitté le parti après onze années de militantisme. Il a ensuite annoncé son adhésion à Kiiraay.
Le mouvement s’est poursuivi avec Ababacar Diagne. L’ancien coordonnateur adjoint de Pastef a rejoint Kiiraay le 24 août après avoir quitté son ancienne formation.
Tous les départs de Pastef ne constituent toutefois pas des ralliements à Kiiraay. Abdourahim Kébé, ancien vice-président du parti, a quitté Pastef le 10 septembre. Il a annoncé son retrait de la politique partisane pour des raisons personnelles, sans déclarer rejoindre une autre formation.
À la date des informations disponibles, aucun député ni membre de la direction nationale de Pastef n’avait publiquement annoncé son adhésion à Kiiraay.
L’APR également touchée par les départs
L’Alliance pour la République connaît également plusieurs départs vers le parti présidentiel.
À Kolda, sept maires issus de l’APR ont quitté le parti pour rejoindre Kiiraay. La coordination départementale de l’APR a ensuite annoncé le renouvellement de ses structures locales et le remplacement des maires concernés dans les instances du parti.
À Fatick, sept maires de l’APR ont également annoncé leur adhésion à Kiiraay après une rencontre avec Aminata Touré. Les élus concernés sont Youssou Diome, Abdoulaye Ndiaye, Aïssatou Ndiaye, Mame Singui Sarr, Demba Diouf, Niokhor Ndour et Sidiya Diouf.
À Saint-Louis, Ahmadou Bamba Ka, ancien directeur général du CROUS, a lui aussi quitté l’APR pour rejoindre la formation présidentielle.
À Tambacounda, le maire de la ville, Pape Banda Dièye, a annoncé son ralliement à Kiiraay le 9 août. Le cas de Mamadou Kassé appelle en revanche davantage de précautions.
Mamadou Kassé, un cas encore discuté
Mamadou Kassé, président du Conseil départemental de Tambacounda, a quitté l’APR au début du mois de septembre.
Plusieurs sources ont présenté ce départ comme un rapprochement avec Kiiraay. D’autres informations indiquent toutefois qu’il a engagé la création de sa propre formation politique et qu’il souhaite rechercher des alliances dans le cadre de l’appel lancé par le chef de l’État.
Le dossier a déjà provoqué des réactions dans les rangs de l’APR. Le 19 septembre, des militants du parti à Tambacounda ont demandé à Mamadou Kassé de restituer son mandat à la tête du Conseil départemental, estimant qu’il avait été élu sous les couleurs de l’APR.
Son cas doit donc être distingué des ralliements explicitement annoncés à Kiiraay.
Des adhésions revendiquées sur le terrain
La nouvelle formation présidentielle ne s’appuie pas uniquement sur des élus et des responsables de partis.
Fin juillet, plusieurs centaines de jeunes avaient annoncé leur adhésion à la mouvance présidentielle. À Kédougou, Kikala Diallo, maire de Dindéfèlo, a participé au lancement local de Kiiraay au début du mois d’août.
Fatoumata Niang Ba, membre fondatrice du parti, a pour sa part défendu son engagement comme un choix politique assumé plutôt qu’une démarche opportuniste.
Cette implantation locale accompagne la stratégie de structuration annoncée lors du lancement du parti. Kiiraay cherche ainsi à regrouper les différentes composantes de l’ancienne coalition Diomaye Président au sein d’une même formation politique.
Une recomposition encore en cours
Les ralliements enregistrés depuis juillet montrent une recomposition progressive autour de Bassirou Diomaye Faye. Ils concernent des responsables issus de l’APR, mais aussi d’anciens cadres et militants de Pastef.
Cependant, les annonces globales sur le nombre de partis, mouvements et élus ayant rejoint Kiiraay doivent être distinguées des adhésions nominatives effectivement documentées.
La situation reste particulièrement mouvante dans plusieurs départements. À Tambacounda, par exemple, le cas de Mamadou Kassé illustre les difficultés à établir une liste définitive des responsables ayant effectivement intégré le parti présidentiel.
Kiiraay poursuit donc sa structuration pendant que les autres formations réorganisent leurs bases. Les prochains mois devraient permettre de préciser l’ampleur réelle de cette recomposition politique.
