La Banque nationale pour le développement économique (BNDE) et le Programme national de développement des agropoles du Sénégal (PNDAS) ont signé, mardi 29 septembre 2026, une convention de partenariat. L’accord vise à faciliter le financement des acteurs des chaînes de valeur agro-industrielles et à accélérer la transformation locale des productions.

La BNDE et le PNDAS renforcent leur coopération en faveur de l’agro-industrie. Les deux institutions publiques ont signé une convention destinée à financer, accompagner et accélérer le développement des agropoles.

L’accord a été paraphé par le directeur général de la BNDE, Mamadou Faye, et la coordonnatrice du PNDAS, Aïssatou Ndiaye. La cérémonie s’est tenue sous la présidence du ministre de l’Industrie et du Commerce, Dr Serigne Guèye Diop.

À travers cette convention, les deux partenaires veulent faire des agropoles des espaces intégrés de production, de transformation et d’investissement. L’objectif est également de renforcer les chaînes de valeur nationales et de favoriser l’émergence d’entreprises compétitives.

La BNDE veut faciliter l’accès au financement

La BNDE prévoit de mobiliser des instruments financiers adaptés aux besoins des entreprises et des porteurs de projets intervenant dans les chaînes de valeur ciblées par les agropoles.

Les dispositifs pourront bénéficier aux PME, coopératives, organisations de producteurs et autres acteurs économiques.

L’accompagnement ne se limitera toutefois pas au financement. La banque entend également apporter une assistance technique pour identifier les projets à fort potentiel, contribuer à leur maturation et proposer des solutions adaptées à chaque étape de leur développement.

L’ambition affichée est de faire des agropoles de « véritables moteurs du développement territorial » et de favoriser l’émergence d’entreprises capables de répondre à la demande nationale et de conquérir les marchés régionaux et internationaux.

Trois enjeux pour accélérer la transformation

Pour Mamadou Faye, cette convention dépasse le simple cadre d’un accord institutionnel.

« Aujourd’hui, nous ne signons pas seulement une convention, nous donnons un cadre opérationnel à une ambition commune : mieux financer, mieux accompagner et mieux valoriser les potentialités de notre agriculture et de notre industrie », a déclaré le directeur général de la BNDE.

Il identifie trois principaux enjeux.

Le premier consiste à transformer davantage pour créer plus de valeur. Produire ne suffit plus, selon lui. Il faut également transformer localement, améliorer la commercialisation et accéder à de nouveaux marchés.

Le deuxième enjeu concerne le rôle de la banque de développement. La BNDE veut intervenir au-delà du financement, en contribuant à structurer les projets et à assurer leur accompagnement dans la durée.

Enfin, le troisième enjeu porte sur les résultats. La réussite du partenariat devra se traduire par des entreprises financées, des unités de transformation développées, des investissements réalisés, des emplois créés et des chaînes de valeur plus compétitives.

Le PNDAS mise sur un écosystème de financement

Du côté du PNDAS, Aïssatou Ndiaye estime que ce partenariat peut constituer un tournant pour les agropoles.

Selon elle, l’accord s’inscrit dans la volonté de mettre en place un véritable écosystème de financement autour des pôles agro-industriels. Cette dynamique doit notamment s’appuyer sur le futur fonds de développement des chaînes de valeurs agro-industrielles.

« Il est attendu de ce partenariat qu’il facilite l’accès au financement pour les entreprises installées ou désireuses de s’installer au sein de nos parcs agro-industriels », a-t-elle expliqué.

Elle plaide pour des lignes de crédit adaptées et des conditions accessibles, notamment en matière de taux d’intérêt et de différé de remboursement.

Le PNDAS souhaite également que la BNDE l’accompagne dans la mobilisation de ressources auprès d’autres institutions financières. La formation et l’éducation financière des acteurs des chaînes de valeur figurent aussi parmi les attentes du programme.

Trois recommandations pour passer à l’action

Pour assurer une mise en œuvre efficace de la convention, la coordonnatrice du PNDAS a formulé plusieurs recommandations.

Elle préconise d’abord l’opérationnalisation rapide du comité de pilotage prévu par l’accord. Celui-ci sera présidé alternativement par les deux institutions et devra se réunir régulièrement.

Le PNDAS recommande ensuite la création d’un mécanisme clair pour identifier et orienter les porteurs de projets vers la BNDE. Les structures d’appui du ministère, dont le Bureau de mise à niveau, pourraient être associées à ce dispositif.

Enfin, Aïssatou Ndiaye insiste sur le suivi des engagements. Les objectifs doivent être traduits en indicateurs mesurables. Le reporting trimestriel prévu par la convention devrait ainsi servir d’outil de pilotage.

Serigne Guèye Diop veut une « autoroute » vers l’industrialisation

Le ministre de l’Industrie et du Commerce considère le rapprochement entre la BNDE et les agropoles comme un partenariat naturel.

Pour Dr Serigne Guèye Diop, la convention doit devenir une « autoroute pour l’industrialisation du pays ». Il attend notamment de la BNDE qu’elle contribue à mobiliser des financements importants en faveur des entreprises.

« Notre révolution industrielle doit être accompagnée par la BNDE. C’est une révolution agro-industrielle, mais une révolution industrielle tout court. C’est là que nous voulons que la BNDE puisse accompagner nos entreprises », a-t-il déclaré.

Pour le ministre, l’industrie occupe ainsi une place centrale dans les ambitions économiques du Sénégal. Le partenariat entre la BNDE et le PNDAS entend précisément contribuer à transformer cette ambition en projets, en investissements et en emplois.

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