Le Bénin a officiellement demandé à la France la restitution de 35 nouveaux biens culturels et fonds d’archives emportés durant la période coloniale. La demande intervient à l’occasion de la récente visite officielle à Paris du président béninois, Romuald Wadagni, selon le journal de service public « La Nation ».
Le trône du roi Toffa et la statue du dieu Ogou
Parmi les pièces réclamées figurent plusieurs objets particulièrement symboliques de l’histoire et du patrimoine béninois. Le dossier comprend notamment la statue du dieu Ogou, divinité associée au fer et à la guerre dans l’ancien royaume de Danxomè.
Le Bénin demande également la restitution des portes du palais de Kétou, ville située dans le sud-est du pays, ainsi que du Fatê de Guèdègbé. Cet objet spirituel est lié à l’un des plus célèbres devins de la cour royale d’Abomey.
Le trône du roi Toffa de Porto-Novo figure également sur la liste des biens concernés par cette nouvelle demande.
Un comité scientifique pour examiner les dossiers
Pour étudier les demandes, un comité scientifique réunissant des experts béninois et français a été mis en place. Cette instance doit examiner chaque dossier avant d’entériner les éventuelles restitutions.
Selon des sources officielles, la majorité des 35 œuvres réclamées par le Bénin sont actuellement conservées en France, notamment au Musée du Quai Branly et au Musée du Louvre.
Une procédure désormais simplifiée en France
Cette nouvelle demande intervient dans un contexte juridique plus favorable aux restitutions. Depuis le 9 mai 2026, une nouvelle loi française simplifie en effet les démarches engagées par les États qui réclament des biens culturels.
Désormais, une œuvre peut être restituée par simple décret. Auparavant, le Parlement devait adopter une loi spécifique pour chaque bien concerné.
26 trésors royaux déjà restitués en 2021
Le Bénin avait déjà obtenu la restitution de 26 trésors royaux en novembre 2021. La France avait alors remis au pays des œuvres emportées par les troupes coloniales lors de la prise d’Abomey, en 1892.
Cette nouvelle demande marque donc une nouvelle étape dans les démarches engagées par Cotonou pour récupérer une partie de son patrimoine culturel conservé en France.

