Du 12 au 18 octobre 2026, le Sénégal participe aux Assemblées annuelles du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale, à Bangkok, en Thaïlande. Conduite par le ministre des Finances, Cheikh Diba, la délégation sénégalaise entend consolider les partenariats financiers du pays et rassurer les bailleurs de fonds, alors que Dakar cherche à rétablir la confiance autour de ses finances publiques et de sa dette.
Le Sénégal aborde une échéance importante pour sa trajectoire économique. Du 12 au 18 octobre, les Assemblées annuelles du FMI et de la Banque mondiale réunissent à Bangkok des responsables politiques, des dirigeants d’institutions financières et des représentants de nombreux pays. Au menu des discussions figurent notamment le financement climatique, la réduction des inégalités et la gestion de la dette souveraine.
Dans ce contexte international marqué par les incertitudes économiques et les tensions autour de la coopération multilatérale, Dakar veut défendre ses priorités et renforcer ses relations avec ses partenaires financiers. La délégation, conduite par le ministre des Finances, Cheikh Diba, compte mettre à profit cette rencontre pour promouvoir les perspectives économiques du Sénégal et mobiliser de nouveaux soutiens.
Un accord avec le FMI au cœur des enjeux
Cette participation intervient après la conclusion, le 1er septembre dernier à Dakar, d’un accord au niveau des services entre le gouvernement sénégalais et le FMI. Le programme envisagé, d’une durée de 36 mois et adossé à la Facilité élargie de crédit (FEC), porte sur environ 2,2 milliards de dollars.
Son objectif consiste à contribuer au rétablissement de la viabilité des finances publiques et de la dette. Toutefois, la conclusion de cet accord au niveau des services ne signifie pas, à elle seule, que les financements sont définitivement approuvés ou disponibles. Leur mobilisation dépend des procédures et des conditions applicables au programme.
Pour Dakar, les discussions avec les partenaires internationaux revêtent donc un enjeu majeur : restaurer la crédibilité financière du pays tout en préservant les conditions nécessaires à la poursuite de son développement.
Assainissement budgétaire et transparence en priorité
Le Sénégal doit notamment renforcer la gestion de ses finances publiques et répondre aux préoccupations relatives à la transparence budgétaire et à l’endettement. Les autorités misent sur une meilleure mobilisation des recettes intérieures, un suivi plus rigoureux des arriérés de paiement et une supervision accrue des entreprises publiques.
Le programme prévoit également l’élaboration d’une stratégie de recettes à moyen terme d’ici à 2027 ainsi que des mesures destinées à améliorer le traitement et le suivi de la dette publique.
Ces réformes doivent permettre à l’État de mieux maîtriser ses engagements financiers, d’améliorer la prévisibilité de sa politique budgétaire et de renforcer la confiance des bailleurs de fonds. Leur mise en œuvre constituera un élément déterminant dans les relations entre Dakar et ses partenaires.
Croissance économique : consolider les acquis et diversifier les moteurs
L’économie sénégalaise dispose de perspectives de croissance soutenues, notamment grâce au démarrage de la production d’hydrocarbures. Selon les données avancées dans le texte de présentation, la croissance a atteint 6,7 % en 2025, portée en partie par les premiers revenus pétroliers, tandis que l’activité hors hydrocarbures amorce une reprise progressive.
L’enjeu consiste désormais à transformer cette dynamique en gains durables pour l’économie nationale. Pour y parvenir, les autorités doivent notamment élargir les ressources fiscales, renforcer la gouvernance publique et veiller à ce que les recettes issues des hydrocarbures contribuent au financement des priorités nationales.
La maîtrise de la dette demeure, dans cette perspective, un défi central. Le gouvernement doit concilier l’assainissement budgétaire avec le financement des infrastructures, des services publics et des politiques sociales.
Bangkok, une occasion de mobiliser les partenaires financiers
Au-delà des discussions avec le FMI et la Banque mondiale, les Assemblées annuelles offrent au Sénégal une tribune pour rechercher des investissements et consolider ses partenariats bilatéraux et multilatéraux. Les échanges consacrés à l’emploi, à l’intelligence artificielle et à la mobilisation des capitaux privés peuvent également permettre à la délégation de présenter les opportunités économiques du pays.
Le programme soutenu par le FMI doit, selon les services de l’institution, contribuer à mobiliser des financements auprès de la Banque mondiale, de la Banque africaine de développement et d’autres partenaires au développement.
Pour Dakar, l’enjeu dépasse donc la seule recherche de financements. Il s’agit aussi de démontrer sa capacité à améliorer la gouvernance, à respecter ses engagements budgétaires et à orienter les ressources vers des priorités clairement définies.
Au terme de cette rencontre, le Sénégal devra surtout transformer les échanges diplomatiques et financiers en résultats concrets. La mobilisation de ressources supplémentaires, le rétablissement durable de la confiance et la protection des populations les plus vulnérables restent au cœur de cette équation.

