Alors que de plus en plus de femmes repoussent leur première grossesse, le professeur Philippe Marc Moreira, spécialiste en gynécologie-obstétrique et en assistance médicale à la procréation, appelle à renforcer l’information sur la fertilité féminine. Lors d’un atelier de formation des journalistes en santé à Dakar, il a souligné l’importance de sensibiliser les jeunes dès le collège et le lycée aux effets de l’âge sur les chances de conception, afin de leur permettre de faire des choix éclairés.
La réserve ovarienne diminue avec l’âge
La fertilité féminine reste méconnue et suscite encore de nombreuses idées reçues. Pourtant, l’âge joue un rôle déterminant dans les chances de concevoir. Contrairement aux hommes, qui produisent continuellement des spermatozoïdes, les femmes naissent avec un stock limité d’ovocytes, qui diminue progressivement au fil des années.
Lors d’un atelier organisé par l’Association des journalistes en santé, population et développement, en partenariat avec la Direction de la santé de la mère et de l’enfant (DSME), le professeur Philippe Marc Moreira a insisté sur la nécessité d’expliquer cette réalité biologique au grand public.
Selon le spécialiste, le déclin de la fertilité peut commencer autour de 29 ans et s’accentue davantage après 35 ans. Après 40 ans, les difficultés à concevoir augmentent sensiblement. Toutefois, ces repères varient d’une femme à l’autre et ne permettent pas de prédire individuellement les chances de grossesse.
Ainsi, le praticien invite les femmes à mieux connaître leur horloge biologique pour anticiper leur projet de maternité. Il rappelle néanmoins que chaque parcours reproductif reste différent.
Sensibiliser dès l’école pour mieux informer les jeunes
Pour le professeur Moreira, l’information sur la fertilité ne doit pas attendre l’apparition de difficultés à concevoir. Au contraire, les établissements scolaires et universitaires constituent des espaces essentiels pour transmettre des connaissances fiables sur la santé reproductive.
Le spécialiste préconise donc d’intégrer cette sensibilisation dès le collège et le lycée, puis de la poursuivre à l’université. L’objectif consiste à donner aux jeunes les moyens de comprendre les effets de l’âge sur la fertilité et d’anticiper leurs choix de vie.
Cette démarche ne vise pas à imposer un âge idéal pour se marier ou avoir un enfant. Elle cherche plutôt à permettre aux femmes de prendre leurs décisions en connaissance de cause, sans subir les conséquences d’un manque d’information.
Dans cette perspective, le professeur souligne également le rôle des professionnels de santé et des médias. En relayant des informations scientifiques accessibles et fiables, ces acteurs peuvent contribuer à lever les tabous qui entourent encore la fertilité féminine.
Infertilité : ne pas négliger les autres facteurs de risque
Si l’âge influence les chances de conception, il ne constitue pas le seul facteur en cause. En effet, plusieurs problèmes médicaux peuvent affecter la fertilité féminine, notamment les troubles de l’ovulation, l’endométriose, les séquelles d’infections génitales et l’obstruction des trompes de Fallope.
Par conséquent, les couples qui rencontrent des difficultés à concevoir doivent consulter un professionnel de santé afin d’identifier les causes possibles et d’envisager une prise en charge adaptée.
Le professeur Moreira plaide ainsi pour une approche préventive qui associe information, dépistage et accompagnement médical. Selon cette démarche, une meilleure connaissance de la fertilité permettrait aux femmes et aux couples de mieux préparer leur projet parental et de rechercher une aide médicale au moment opportun.
En définitive, le spécialiste appelle à faire de l’éducation à la fertilité un véritable enjeu de santé publique. En renforçant l’information dès l’adolescence et en facilitant l’accès à un accompagnement médical adapté, les acteurs de la santé peuvent aider les femmes à prendre des décisions éclairées et à mieux comprendre les réalités biologiques de la maternité.
