Le vote de la loi de finances rectificative (LFR) 2026 s’annonce tendu à l’Assemblée nationale. Le groupe parlementaire Pastef, majoritaire, menace de bloquer le texte dans un contexte de tensions entre le président Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko. Au-delà du bras de fer politique, les députés doivent examiner des arbitrages budgétaires marqués par la hausse du coût des subventions énergétiques.
Les subventions énergétiques pèsent sur le budget
Transmis aux députés le 18 septembre, le projet de LFR 2026 prévoit une révision des équilibres budgétaires. Selon les chiffres avancés dans le texte, les subventions énergétiques atteignent désormais 790,3 milliards de FCFA, contre 250 milliards initialement prévus. L’écart s’élève ainsi à 540,3 milliards de FCFA.
Face à cette hausse, le gouvernement envisage de réformer les aides à l’électricité et aux carburants. Il souhaite progressivement remplacer les subventions généralisées par des soutiens ciblés, destinés notamment aux ménages vulnérables, au transport collectif et à certaines activités essentielles.
Parallèlement, l’enveloppe des bourses de sécurité familiale devrait passer de 35 à 70 milliards de FCFA. Cette augmentation vise à atténuer les conséquences de la réforme sur les ménages les plus exposés.
Des prévisions économiques sous pression
La révision budgétaire intervient également dans un contexte marqué par des perspectives de croissance moins favorables, un recul attendu des recettes fiscales et des investissements, ainsi qu’un déficit budgétaire annoncé à 7,6 % du produit intérieur brut (PIB).
Les députés devront donc se prononcer sur des choix qui concernent à la fois le financement des aides énergétiques, leur ciblage et la répartition des ressources publiques.
Le bras de fer politique s’invite dans les débats
Les tensions politiques compliquent les discussions autour du texte. Lundi 26 octobre, le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lô a appelé Ousmane Sonko à mettre fin à la surenchère.
Le lendemain, le président du groupe parlementaire Pastef, Mohamed Ayib Salim Daffé, a répliqué en invitant le chef du gouvernement à cesser de « jouer à cache-cache » et à « descendre de son piédestal ».
Cet échange intervient alors que Pastef dispose d’un poids déterminant à l’Assemblée nationale. La position du groupe parlementaire pourrait donc peser sur l’issue du vote de la LFR 2026.
Au-delà de la confrontation politique, l’examen du texte constitue une étape importante pour les finances publiques. Son adoption, son éventuel rejet ou les modifications qui pourraient lui être apportées détermineront les arbitrages budgétaires retenus par les autorités.
