L’influenceuse Mame Diarra Thiam, connue sous le nom de Diodio Glow Skin, fait face à de nouvelles charges dans une procédure instruite à Pikine-Guédiawaye. Au blanchiment de capitaux s’ajoutent notamment l’extorsion de fonds et la provocation à un délit. L’enquête porte entre autres sur un transfert Wave de 600 000 FCFA retrouvé dans le téléphone de Rokhaya Fall, dite « Rox la chancelière ». L’influenceuse conteste toute implication dans des faits illicites et reste présumée innocente.

Un transfert Wave au cœur des investigations

Au départ, la procédure concernait notamment des discours contraires aux bonnes mœurs, des menaces de mort et des injures publiques par voie informatique, reprochés à Rokhaya Fall et à d’autres protagonistes.

L’exploitation du téléphone de « Rox la chancelière » a ensuite fait apparaître le nom de Mame Diarra Thiam. Les enquêteurs ont découvert un justificatif de transfert Wave de 600 000 FCFA, daté du 2 mars 2026. Après déduction de 5 000 FCFA de frais, le montant reçu s’élevait à 595 000 FCFA.

Cet élément a contribué à élargir les investigations aux mouvements financiers et à la nature du transfert. Les enquêteurs cherchent notamment à déterminer l’origine des fonds, leur destination et le motif du paiement.

Blanchiment et extorsion : les questions soulevées par le dossier

L’ajout des qualifications de blanchiment de capitaux et d’extorsion de fonds élargit le champ de la procédure. Il appartient désormais à l’instruction de déterminer si les mouvements financiers présentent un lien avec les infractions présumées.

Selon les éléments rapportés, l’accusation pourrait notamment chercher à établir si des sommes ont été versées en contrepartie de prises de parole ou de directs de soutien sur les réseaux sociaux.

De son côté, Mame Diarra Thiam affirme avoir effectué le transfert dans un cadre social, pour aider Rokhaya Fall qui lui aurait fait part de difficultés financières. Elle soutient qu’elle aide régulièrement des personnes dans le besoin et nie avoir voulu financer des injures ou des propos dénigrants.

Toutefois, des messages vocaux WhatsApp, d’une durée respective de 18 et 8 secondes, figureraient également dans le dossier. Selon le texte source, un utilisateur de TikTok y évoquerait un direct destiné à soutenir une cause.

L’instruction devra examiner ces échanges et les autres éléments disponibles afin de déterminer s’ils établissent un lien entre le transfert et une éventuelle prestation sur les réseaux sociaux.

Une chronologie à éclaircir

Le calendrier des faits constitue un autre point à examiner. Le transfert Wave remonte au 2 mars 2026, tandis que le vol de produits cosmétiques appartenant à Diodio Glow Skin, évalués à 200 millions de FCFA, aurait eu lieu à la fin du mois d’avril.

Selon les éléments rapportés, Rokhaya Fall aurait évoqué une intervention en faveur de l’influenceuse dans cette affaire. Les versions concernant les circonstances de cette intervention divergent.

L’écart entre les dates ne permet pas, à lui seul, d’établir un lien entre les deux événements. Le juge d’instruction devra donc confronter les déclarations, les échanges et les pièces financières pour déterminer si ces faits sont liés ou relèvent de circonstances distinctes.

Des investigations financières susceptibles de s’élargir

La qualification de blanchiment peut conduire les enquêteurs à examiner plus largement les comptes, les transactions par monnaie électronique et les opérations financières liées aux activités de la mise en cause, dans les limites prévues par la procédure.

Ces vérifications pourraient permettre de replacer le transfert de mars dans son contexte et d’identifier, le cas échéant, d’autres opérations pertinentes pour l’enquête.

Pour Diodio Glow Skin, dont les activités commerciales reposent notamment sur sa notoriété, cette affaire comporte également un enjeu réputationnel. Néanmoins, les accusations ne constituent pas une preuve de culpabilité.

Placée sous bracelet électronique et soumise à une assignation à résidence à partir de 22 heures, selon les informations rapportées, l’influenceuse conteste avoir financé des activités illicites. Le juge du deuxième cabinet de Pikine-Guédiawaye devra examiner les éléments du dossier avant de déterminer les suites judiciaires à donner à l’affaire.

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