À la veille de l’examen en plénière du projet de loi de finances rectificative (LFR) 2026, le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Mohamed Lô a appelé Pastef à soutenir le texte. Le gouvernement veut faire adopter les ajustements budgétaires, alors que le Sénégal cherche à consolider ses relations avec le Fonds monétaire international (FMI).

Pastef pose cinq conditions à son soutien

Lundi à Dakar, Ahmadou Al Aminou Lô a appelé les députés à dépasser leurs divergences pour permettre l’adoption du budget révisé. Cette démarche intervient après le rejet du projet en commission vendredi, faute de consensus.

Pastef, qui détient 130 des 165 sièges de l’Assemblée nationale, ne conteste pas le principe d’une révision budgétaire. Le parti exprime toutefois des réserves sur les choix de dépenses, les modalités de financement et les garanties accordées au Parlement.

Il conditionne son soutien à cinq exigences portant notamment sur les investissements sociaux, le pouvoir d’achat et la dette publique. L’examen du texte en séance plénière a été fixé au mardi 27 octobre à 10 heures.

Le gouvernement met en cause les prévisions budgétaires précédentes

Pour justifier les ajustements proposés, le Premier ministre a critiqué les prévisions élaborées sous le précédent gouvernement, alors dirigé par Ousmane Sonko, aujourd’hui président de l’Assemblée nationale.

Selon Ahmadou Al Aminou Lô, les ressources attendues du Programme de redressement économique et social n’ont pas été mobilisées à la hauteur des prévisions initiales. Cette situation aurait contribué aux difficultés budgétaires actuelles.

Dans un entretien accordé à l’Agence France-Presse (AFP), relayé par Africaradio, le chef du gouvernement a indiqué avoir déjà pris contact avec Ousmane Sonko. Il s’est dit disposé à répondre aux préoccupations soulevées et à rechercher une issue au désaccord.

Il a également évoqué les possibilités de dialogue et les mécanismes constitutionnels susceptibles de permettre au pays de sortir de cette impasse.

Le programme avec le FMI en toile de fond

Au-delà du vote parlementaire, l’adoption de la LFR constitue un enjeu pour les relations financières du Sénégal avec ses partenaires internationaux. Le gouvernement souhaite démontrer sa volonté de corriger les faiblesses relevées dans la gestion des finances publiques et de présenter une trajectoire budgétaire crédible.

La dette publique du Sénégal était estimée à 132 % du produit intérieur brut (PIB) à la fin de 2024. Par ailleurs, un accord conclu avec le FMI le 1er septembre prévoit une aide de 2,2 milliards de dollars sur trois ans. Toutefois, selon le texte source, le conseil d’administration de l’institution n’a pas encore approuvé cet accord.

La révision budgétaire doit ainsi contribuer à clarifier les perspectives financières du pays et sa stratégie de gestion de la dette. Le gouvernement espère que ces ajustements permettront de rassurer ses partenaires et de favoriser un consensus autour de la politique économique.

La pression économique et sociale s’accentue

Ces discussions se déroulent dans un contexte marqué par la hausse du coût de la vie, le chômage des jeunes et les difficultés économiques. Une grève générale de trois jours a également touché plusieurs secteurs la semaine précédente.

Dans ce contexte, les arbitrages budgétaires concernent directement les dépenses sociales, le pouvoir d’achat et les investissements publics. Le vote de la LFR doit donc permettre de préciser les priorités financières du gouvernement pour 2026.

Le Sénégal s’apprête par ailleurs à accueillir les Jeux olympiques de la jeunesse, dont l’ouverture est prévue le samedi 31 octobre. Cet événement, présenté comme une première sur le continent africain, intervient alors que les autorités doivent concilier les impératifs économiques, sociaux et budgétaires.

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