À quelques heures d’un vote décisif au Conseil de sécurité des Nations unies, l’avenir de la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (Minurso) suscite de nouvelles tensions. Dans une version révisée du projet de résolution américain, consultée par RFI, Washington réintroduit la référence au principe d’autodétermination et assouplit plusieurs dispositions contestées par le Front Polisario. Des ajustements qui interviennent après plusieurs mobilisations dans les camps de réfugiés sahraouis.

Le Conseil de sécurité des Nations unies se réunit ce vendredi 30 octobre pour examiner le renouvellement du mandat de la Minurso et déterminer les orientations futures de cette mission au Sahara occidental.

Ces derniers jours, plusieurs versions du projet de résolution rédigé par les États-Unis ont circulé. La première mouture avait suscité de vives réactions du Front Polisario, qui avait notamment dénoncé l’orientation du texte et menacé de quitter la table des négociations.

Toutefois, le dernier document de deux pages consulté par RFI apporte plusieurs modifications importantes. Le changement majeur concerne la réintroduction du principe d’autodétermination, une exigence centrale pour le mouvement indépendantiste sahraoui.

Ainsi, le projet américain ne présente plus le plan d’autonomie proposé par le Maroc comme l’unique issue au conflit. Il le qualifie désormais de « solution la plus viable », tout en réaffirmant la place de l’autodétermination dans le processus de négociation.

Washington assouplit plusieurs dispositions du projet

Au-delà de ces ajustements sémantiques, la nouvelle version du texte accorde également davantage de marge de manœuvre au secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres.

En effet, Washington envisageait initialement de transformer la Minurso en une mission à vocation davantage politique dès avril 2027. Cependant, le nouveau projet ne fixe plus de calendrier précis pour cette évolution.

Le texte maintient également la perspective d’une réduction des effectifs de la mission sur le terrain, mais ne précise ni le nombre de personnels concernés ni la date de cette éventuelle diminution.

Ces modifications traduisent donc un assouplissement de plusieurs dispositions qui figuraient dans la première mouture américaine, sans pour autant abandonner les orientations initialement défendues par Washington.

Le changement de nom de la mission toujours dans le projet

Malgré ces concessions, certains points controversés restent présents dans le document. C’est notamment le cas du changement de nom de la mission, qui deviendrait « Minuso », avec la suppression de la lettre « R » faisant référence au référendum.

Par ailleurs, le projet maintient la volonté américaine d’élargir les consultations politiques. Il prévoit ainsi que l’envoyé personnel du secrétaire général de l’ONU pour le Sahara occidental, Staffan de Mistura, échange également avec d’autres composantes de la société sahraouie, y compris celles qui ne participent pas directement aux négociations.

Cette disposition pourrait modifier le cadre des consultations autour du dossier, alors que le Front Polisario défend sa place dans le processus politique.

Des mobilisations dans les camps de réfugiés sahraouis

En attendant le vote du Conseil de sécurité, le projet américain continue de susciter des réactions sur le terrain.

Ces derniers jours, plusieurs mobilisations ont ainsi eu lieu dans les camps de réfugiés sahraouis, notamment à Tindouf, en Algérie. Les manifestants ont exprimé leur opposition au projet de résolution porté par Washington.

Dans ce contexte, les ajustements apportés au texte interviennent alors que les positions restent sensibles autour de l’avenir de la Minurso et des modalités de règlement du conflit du Sahara occidental.

Le vote du Conseil de sécurité doit désormais permettre de déterminer les orientations retenues par les Nations unies pour la poursuite de leur mission dans ce territoire.

Laisser un commentaire