Depuis la rentrée universitaire 2026-2027, les étudiants étrangers non ressortissants de l’Union européenne doivent faire face à une forte augmentation des droits d’inscription dans les universités françaises. Dans le cadre de la stratégie « Choose France for Higher Education », les frais ont été multipliés par seize. Cette réforme touche particulièrement les étudiants africains, qui représentent près de la moitié des étudiants étrangers en France et dont les familles disposent souvent de ressources limitées.

Des frais d’inscription qui fragilisent les étudiants africains

Jusqu’ici, les universités publiques françaises proposaient des droits d’inscription relativement accessibles. Toutefois, depuis septembre 2026, les étudiants extracommunautaires doivent payer des montants nettement plus élevés.

Désormais, une année de licence coûte près de 3 000 euros, tandis qu’un master approche les 4 000 euros. Ces nouveaux tarifs compliquent l’accès à l’enseignement supérieur pour de nombreux étudiants originaires d’Afrique subsaharienne.

Un enseignant de l’université Paris-Sorbonne, qui témoigne anonymement auprès de RFI, affirme même n’accueillir aucun étudiant subsaharien dans ses cours cette année. Il constate ainsi une baisse de la diversité sociale et redoute que seuls les étudiants issus de familles aisées puissent désormais poursuivre leurs études en France.

Il dénonce une « rupture majeure dans l’esprit de l’enseignement supérieur français ». Par ailleurs, il explique que les enseignants accompagnent plusieurs étudiants confrontés à des difficultés financières et administratives. Certains ont même reçu des notifications d’annulation de leur inscription faute d’avoir réglé les nouveaux frais. D’autres envisagent d’abandonner leurs études ou multiplient les petits emplois pour financer leur formation.

Une mesure jugée discriminatoire

Pour Thierry Tondé, président du Comité des résidents africains de la Fondation Lucien Paye, cette hausse pénalise particulièrement les familles africaines en raison des écarts de revenus entre les pays.

Il souligne notamment les difficultés des parents qui souhaitent financer les études de leurs enfants à l’étranger, alors que leurs revenus restent souvent très faibles par rapport aux dépenses exigées en France.

Prenant l’exemple du Burkina Faso, il rappelle qu’un euro équivaut à environ 656 francs CFA. Selon lui, les revenus des fonctionnaires burkinabè ne permettent pas toujours de supporter de telles dépenses.

Thierry Tondé estime donc que cette politique crée une inégalité entre les étudiants africains et ceux originaires de pays disposant d’un niveau de vie plus élevé. Il considère ainsi que la réforme constitue une mesure discriminatoire envers les étudiants qui ne disposent pas des mêmes capacités financières.

La fin des aides au logement accentue les difficultés

À l’augmentation des frais universitaires s’ajoute également la suppression des aides au logement pour les étudiants non européens concernés par la réforme.

Cette mesure alourdit davantage leurs dépenses quotidiennes et complique leurs conditions de vie en France. Pour de nombreux étudiants africains, la poursuite des études dans les universités françaises devient ainsi un défi financier majeur.

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