La Commission des finances et du contrôle budgétaire, réunie conjointement avec la Commission de l’éducation, de la jeunesse, des sports et des loisirs, a rejeté à la majorité les crédits proposés pour le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (MESRI). Ce vote intervient après de vifs échanges avec le ministre Boubacar Camara, notamment autour de la cohérence et de la fiabilité des prévisions budgétaires.
Nouvelle tension entre le gouvernement et la majorité parlementaire. Ce dimanche 8 novembre 2026, les députés membres des deux commissions ont refusé d’approuver le projet de budget 2026 du ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation.
Ouverte à 10 heures, cette session en commission élargie a permis au ministre Boubacar Camara de présenter et de défendre les orientations financières de son département. Toutefois, ses explications n’ont pas convaincu les commissaires, qui ont finalement rejeté l’ensemble des crédits soumis à leur examen.
Un budget de 303,7 milliards de FCFA en crédits de paiement
Pour l’exercice 2026, le projet de budget du MESRI s’établissait à 303,7 milliards de francs CFA en crédits de paiement, contre 301 milliards inscrits dans la précédente loi de finances.
Par ailleurs, les autorisations d’engagement atteignaient 344,6 milliards de francs CFA. Ces montants couvrent notamment des engagements pluriannuels conclus avec les partenaires techniques pour la construction et l’équipement des Instituts supérieurs d’enseignement professionnel (ISEP).
Ainsi, le ministre a défendu les choix budgétaires de son département en mettant en avant les engagements financiers et les orientations retenues pour le secteur.
De vives contestations sur la fiabilité des chiffres
Cependant, les débats ont rapidement pris une tournure tendue. Plusieurs députés ont soulevé des incohérences dans les tableaux budgétaires et exprimé des réserves sur la sincérité des prévisions présentées par l’exécutif.
Les échanges ont notamment porté sur la cohérence des données chiffrées et la fiabilité des arbitrages financiers. Ces critiques ont pesé dans les discussions et contribué au rejet des crédits.
Un nouveau bras de fer entre l’Assemblée et le gouvernement
Au terme des débats, les commissaires ont donc rejeté à la majorité le projet de budget du MESRI. Cette décision marque une nouvelle étape dans les tensions entre la majorité parlementaire et le gouvernement autour de l’examen des finances publiques.
Désormais, l’attention se tourne vers la séance plénière, où le projet budgétaire devra poursuivre son parcours parlementaire. Ce rejet en commission constitue un signal politique important, même s’il ne signifie pas, à lui seul, l’abandon définitif du budget du ministère.
