Une enquête révèle le fonctionnement des Houthis dans leurs attaques contre des navires commerciaux en mer Rouge. Soutenue par l’Iran, cette organisation met en place un centre de coordination dirigé par un proche du président houthi, rendant ces actions plus structurelles et prolongées.

Un centre de coordination au cœur des opérations

Derrière les attaques répétées des Houthis contre des navires commerciaux en mer Rouge se trouve une entité nouvellement formée, le « Centre de coordination des opérations humanitaires » (HOCC). Ce centre, créé en février et situé à Sanaa, opère sous la direction d’Ahmed Mohamed Yahya Hamed, un acteur influent au sein des Houthis. Selon l’ONG suisse Inpact, ce centre joue un rôle clé dans la planification des attaques, répondant à la désignation des Houthis comme groupe terroriste par les États-Unis en janvier.

Le HOCC se présente officiellement comme une entité humanitaire, mais ses activités révèlent un rôle plus militaire, centralisant les opérations de ciblage en mer Rouge. Les Houthis, soutenus par l’Iran, ont intensifié leurs actions dans cette région stratégique, menaçant la navigation mondiale.

Attaques contre des navires commerciaux

Depuis plusieurs mois, les Houthis ciblent des navires commerciaux, en particulier ceux liés à Israël, aux États-Unis et au Royaume-Uni, affirmant agir en solidarité avec les Palestiniens dans le contexte du conflit Israël-Hamas. Leurs attaques incluent l’utilisation de missiles, de drones et d’embarcations rapides.

Les actions des Houthis ont fortement perturbé le trafic maritime international dans cette zone, conduisant à la mise en place d’une coalition internationale de protection menée par les États-Unis et le Royaume-Uni. Cette coalition vise à sécuriser cette voie maritime essentielle au commerce mondial, notamment via des frappes ciblées contre des positions houthis au Yémen.

Le contrôle des passages maritimes

L’enquête d’Inpact met en lumière une stratégie plus large des Houthis pour contrôler le passage des navires dans le détroit de Bab-el-Mandeb, un point de passage clé entre la mer Rouge et l’océan Indien. Le HOCC autorise directement certaines compagnies maritimes à traverser cette zone et interdit explicitement les navires israéliens, américains et britanniques. Cette gestion a permis aux Houthis d’institutionnaliser une forme de guérilla maritime, rendant leurs attaques plus systématiques.

Le HOCC contacte directement les compagnies maritimes et les avertit d’éviter certaines routes sous peine de représailles. Bien que ces messages restent sporadiques, ils révèlent une coordination étroite entre le centre et les actions sur le terrain.

Un leadership puissant derrière le HOCC

Ahmed Hamed dirige le HOCC et joue un rôle clé au sein de la hiérarchie houthie, avec une influence directe sur le président Mahdi Al-Mashat. L’ONU considère Hamed, surnommé le « président du président », comme l’un des leaders civils les plus influents des Houthis, malgré l’absence du nom « Al-Houthi ». Son rôle va au-delà des opérations militaires, car il gère également les affaires internes, telles que les nominations politiques et le contrôle des aides humanitaires.

Alliances géopolitiques et soutien extérieur

Outre l’Iran, principal soutien des Houthis, les enquêtes révèlent des discussions en cours entre les rebelles et la Russie concernant des transferts d’armes, un point de préoccupation majeur pour Washington. Ce soutien extérieur renforce la capacité des Houthis à poursuivre leurs attaques prolongées, perturbant l’équilibre sécuritaire dans la région.

En conclusion, cette enquête souligne la complexité et la coordination des opérations houthies en mer Rouge. Avec un leadership structuré et des soutiens extérieurs, les attaques ne semblent pas prêtes à s’arrêter, posant un défi continu à la sécurité internationale dans cette région stratégique.

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