Le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a défendu, dimanche à El-Alamein, en Égypte, une intégration ouest-africaine davantage tournée vers les populations. À l’occasion de la 8e réunion de coordination semestrielle de l’Union africaine et des communautés économiques régionales, il a présenté plusieurs priorités de la CEDEAO, notamment la transformation des ressources africaines, le développement des infrastructures, la libre circulation et le renforcement de la sécurité collective.
Bassirou Diomaye Faye porte la voix de la CEDEAO
Président en exercice de la CEDEAO depuis le 19 juillet 2026, Bassirou Diomaye Faye a représenté l’organisation ouest-africaine lors de cette rencontre consacrée à la coordination entre l’Union africaine et les communautés économiques régionales. Les chefs d’État de la CEDEAO lui ont confié cette responsabilité à l’issue de leur 69e session ordinaire, tenue à Lungi, en Sierra Leone.
À El-Alamein, le chef de l’État sénégalais a ainsi mis l’accent sur une intégration régionale qui doit, selon les priorités présentées, produire des résultats plus concrets pour les citoyens.
Transformer les ressources et renforcer les échanges
Sur le plan économique, Bassirou Diomaye Faye a plaidé pour une meilleure valorisation des ressources africaines sur le continent. Il a notamment insisté sur la nécessité de développer la transformation locale et de renforcer les infrastructures capables de relier les différents marchés ouest-africains.
Dans cette perspective, le président en exercice de la CEDEAO a également appelé à rendre la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) davantage bénéfique aux économies africaines.
Par ailleurs, plusieurs projets régionaux figurent parmi les chantiers évoqués. La mise en circulation de l’ECO, dont le lancement est prévu en 2027 selon les décisions communautaires rappelées dans le texte initial, constitue notamment l’un des dossiers majeurs de l’intégration économique régionale. Le développement de la carte d’identité biométrique de la CEDEAO doit, de son côté, faciliter les déplacements des citoyens dans l’espace communautaire.
Des infrastructures pour accélérer l’intégration
En outre, la CEDEAO poursuit plusieurs projets destinés à renforcer les connexions entre ses États membres. Les réseaux électriques de quinze pays doivent notamment s’interconnecter afin de favoriser les échanges d’énergie et d’améliorer l’accès à l’électricité dans la région.
Dans le même esprit, le Pacte pour l’Avenir, adopté à Lungi en juillet, s’inscrit parmi les mécanismes destinés à renforcer la résilience de l’espace ouest-africain face aux différents défis auxquels il est confronté.
Ces initiatives traduisent ainsi la volonté affichée de rapprocher l’intégration régionale des préoccupations quotidiennes des populations.
La lutte contre le terrorisme au cœur des priorités
Toutefois, l’intégration économique ne constitue pas le seul enjeu abordé à El-Alamein. Face à la persistance de la menace terroriste en Afrique de l’Ouest, Bassirou Diomaye Faye a également insisté sur la nécessité de consolider les mécanismes de sécurité collective.
Le président sénégalais avait déjà placé la sécurité régionale parmi les priorités de son mandat à la tête de la CEDEAO, aux côtés du renforcement de l’intégration et de l’autonomie de l’organisation.
Maintenir le dialogue avec les pays de l’AES
Enfin, Bassirou Diomaye Faye a appelé à maintenir le dialogue avec les pays membres de l’Alliance des États du Sahel (AES). Pour le président en exercice de la CEDEAO, la poursuite des échanges doit permettre de préserver les relations entre les peuples et de sauvegarder les acquis de l’intégration régionale.
À El-Alamein, le chef de l’État sénégalais a donc défendu une approche qui associe développement économique, mobilité des citoyens, infrastructures et sécurité. Une orientation qui place les populations au centre des enjeux de l’intégration ouest-africaine.
