La sortie de Guy Marius Sagna dénonçant un supposé « silence complice » au sein de l’Assemblée nationale continue de susciter des réactions. Cette fois, c’est le député Abdoul Ahad Ndiaye qui est monté au créneau pour contester ce qu’il considère comme une généralisation injuste visant l’ensemble des parlementaires.

Dans un message publié sur sa page X, l’élu de Louga reconnaît à son collègue une part de vérité, tout en rejetant fermement l’amalgame.
« Tu as parlé, comme toujours. Tu as fait une belle sortie, avec ta part de vérité, même si elles restent relatives. Les concernés pourront te répondre, et c’est normal. Mais vouloir le beurre et l’argent du beurre, ça ne marche pas », a-t-il lancé.

« S’en prendre à 140 députés, ce n’est ni juste ni responsable »

Abdoul Ahad Ndiaye reproche surtout à Guy Marius Sagna d’avoir étendu ses critiques à l’ensemble des députés.
« Dire tes vérités aux personnes ciblées ne te suffit plus. Tu t’en prends maintenant à 140 autres députés en parlant de silence complice. Ce n’est pas responsable, ce n’est pas juste, et surtout, ça ne te ressemble pas », déplore-t-il.

Selon lui, une large majorité des élus n’est ni impliquée dans les cercles de décision ni bénéficiaire de privilèges particuliers.
« Parmi ces 140, beaucoup n’ont rien demandé. Ils ne siègent dans aucun comité stratégique, ne participent à aucune réflexion majeure, ne bénéficient d’aucun avantage lié à la CEDEAO, à l’UMOA ou à d’autres institutions. Ils font simplement leur travail parlementaire », insiste-t-il.

Une « majorité silencieuse » qui mérite respect, pas mépris

Le député rejette catégoriquement l’accusation de complicité passive.
« Les députés s’expriment quand un sujet les concerne et se taisent quand ce n’est pas leur rôle. De toute façon, leurs avis et alertes sont rarement sollicités ou pris en compte, malgré leurs compétences », affirme-t-il.

Pour Abdoul Ahad Ndiaye, cette majorité silencieuse, souvent confrontée à des difficultés matérielles réelles, mérite davantage de considération :
« Elle mérite du respect et du soutien. Pas du mépris. »

Un retrait volontaire par principe

À titre personnel, le parlementaire révèle avoir renoncé volontairement à l’attribution des premiers lots de véhicules destinés aux députés.
« Quand on m’a informé du tirage, je me suis retiré. Par principe. Pour laisser la place à ceux qui travaillent dans l’ombre, sans bruit, sans mise en scène, et qui ne peuvent compter sur aucun téléthon ou initiative médiatisée pour espérer un véhicule de travail », explique-t-il.

« Critiquer le système, oui. Tout mettre dans le même sac, non »

Tout en reconnaissant la légitimité de certaines critiques formulées par Guy Marius Sagna, Abdoul Ahad Ndiaye appelle à plus de discernement.
« Critiquer le système, oui. Pointer les décideurs, oui. Mettre tout le monde dans le même sac, non », tranche-t-il, invitant ses collègues parlementaires à rester « utiles » et « dignes ».

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