Alors que 37 milliards de FCFA ont été décaissés pour électrifier 1 740 villages, les résultats du projet Aser-Aee Power suscitent des interrogations. Dans ce contexte, le directeur général de l’Agence sénégalaise d’électrification rurale (Aser), Jean-Michel Sène, se félicite de l’ouverture d’une information judiciaire et affirme avoir lui-même alerté sur plusieurs dysfonctionnements.

Jean-Michel Sène ne se dit pas visé par l’enquête

Le directeur général de l’Aser assure ne pas se sentir concerné par les investigations lancées par le procureur. Au contraire, il estime que l’enquête judiciaire vient confirmer les alertes qu’il dit avoir lancées depuis sa prise de fonction.

Arrivé à la tête de l’agence en juillet 2024, Jean-Michel Sène affirme avoir rapidement ordonné la suspension des travaux et placé plusieurs documents sous scellés. Selon lui, ces mesures visaient avant tout à sécuriser le projet et à préserver les deniers publics.

Ainsi, le responsable souligne que l’Aser n’a pas attendu l’ouverture de l’information judiciaire pour agir. Il présente ces décisions comme des mesures de précaution destinées à protéger les intérêts de l’État.

« Nous avons hérité d’une situation »

Jean-Michel Sène affirme par ailleurs ne nourrir aucun regret concernant les décisions prises depuis son arrivée. Il estime, au contraire, que son administration devait corriger plusieurs manquements constatés dans le dossier.

Il cite notamment l’absence d’étude d’impact environnemental ainsi que l’absence d’un mécanisme formel permettant de garantir le remboursement des avances versées.

« Nous avons hérité d’une situation ; nous ne l’avons pas créée », a-t-il déclaré.

Selon le directeur général de l’Aser, les mesures prises par son équipe ont également permis de mettre au jour des pratiques qu’il qualifie de prévarication et qui impliqueraient plusieurs acteurs. Il assure ainsi avoir agi dans le seul objectif de défendre les intérêts de l’État.

La justice appelée à établir les responsabilités

Ces déclarations, accordées à L’Observateur et relayées par PressAfrik, interviennent alors que le dossier Aser-Aee Power fait désormais l’objet d’une information judiciaire.

Pour Jean-Michel Sène, cette procédure doit permettre de faire toute la lumière sur les conditions d’exécution du projet et sur l’utilisation des fonds engagés. Il fait ainsi confiance à la justice pour établir les responsabilités.

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