À un mois des élections municipales prévues le 4 novembre, l’Afrique du Sud fait face à une nouvelle série de violences politiques. L’Initiative mondiale contre le crime organisé a recensé 43 assassinats à caractère politique depuis le début de l’année, faisant craindre une aggravation de la situation à l’approche du scrutin.
Une violence politique qui inquiète
Le bilan alerte les observateurs. Selon l’Initiative mondiale contre le crime organisé, 43 personnes ont déjà été tuées pour des raisons liées à la politique en Afrique du Sud cette année. La plupart des victimes sont des responsables de partis politiques, des conseillers de quartier, des membres d’organisations civiques ou encore des chefs traditionnels.
Cette situation prend une dimension particulière à l’approche des élections municipales du 4 novembre. En effet, les élus locaux et les candidats se retrouvent régulièrement en première ligne face aux réseaux criminels, à l’extorsion et à la corruption.
En juin dernier, plusieurs assassinats ont notamment été commis pendant un week-end consacré à l’inscription des électeurs. Parmi les victimes figurait une candidate au poste de conseillère de quartier, que des individus ont abattue alors qu’elle se trouvait dans sa voiture.
Le KwaZulu-Natal particulièrement touché
La province du KwaZulu-Natal concentre une importante partie de ces violences. Fief de l’ancien président Jacob Zuma, la région reste particulièrement exposée aux affrontements politiques.
Face à cette situation, le responsable provincial a appelé les différents partis à prendre leurs responsabilités et à préserver le caractère pacifique de la compétition électorale. Il a également exhorté les acteurs politiques à éviter toute escalade pendant la campagne.
Selon le rapport intitulé « Bullets and Ballots » (« Des balles et des bulletins de vote »), l’ANC compte 13 victimes parmi les 43 personnes assassinées. Le MK Party (MKP), dirigé par Jacob Zuma, arrive ensuite avec huit membres tués.
Une menace qui pourrait s’aggraver
L’Initiative mondiale contre le crime organisé estime que la situation pourrait encore se détériorer dans les prochaines semaines. L’organisation souligne en effet que les périodes précédant les élections figurent parmi les plus sensibles, alors que les luttes pour le pouvoir local s’intensifient.
Ainsi, le bilan enregistré cette année dépasse déjà celui observé lors des précédentes élections municipales. L’organisation indépendante, issue de la société civile et basée à Genève, redoute donc une nouvelle hausse des violences à mesure que le scrutin approche.
Un scrutin à forts enjeux pour l’ANC
Au-delà des élections locales, le scrutin du 4 novembre constituera également un test important pour l’ANC, avant les élections nationales de 2029.
Le parti, qui a dirigé la lutte contre l’apartheid et dominé la vie politique sud-africaine depuis l’avènement de la démocratie en 1994, a perdu sa majorité parlementaire en 2024.
Dans ce contexte, ses adversaires comptent capitaliser sur le mécontentement d’une partie de la population. L’effondrement des infrastructures, la criminalité et la corruption figurent notamment parmi les principales critiques adressées au Congrès national africain.
À l’approche du scrutin municipal, les autorités devront donc relever un double défi : garantir la sécurité des candidats et des électeurs, tout en préservant un processus électoral pacifique.

