La justice malienne a condamné, vendredi à Bamako, un agent de renseignement français sous statut diplomatique à vingt ans de réclusion pour atteinte à la sûreté de l’État. Arrêté en août 2025, l’homme a toujours bénéficié du soutien de Paris, qui rejette fermement les accusations portées contre lui.
Une lourde condamnation prononcée à Bamako
Le tribunal de Bamako a condamné vendredi 5 juin un ressortissant français à vingt ans de prison.
L’homme exerçait comme agent de renseignement français sous statut diplomatique à l’ambassade de France au Mali. Les autorités maliennes l’avaient arrêté en août 2025 avant de le poursuivre pour « atteinte à la sûreté de l’État ».
De son côté, la France a toujours contesté ces accusations.
Un procès tenu à huis clos
Selon plusieurs informations, le procès s’est déroulé à huis clos.
L’accusé était assisté d’un avocat désigné par sa hiérarchie. Devant le tribunal, ce dernier a rejeté les accusations formulées contre son client.
Membre du Conseil de l’ordre des avocats du Mali, il a affirmé que le ressortissant français n’avait participé à aucune tentative de déstabilisation des institutions maliennes.
Cette position rejoint celle des autorités françaises, qui continuent de nier toute implication de leur agent dans des activités visant l’État malien.
Une arrestation controversée
L’affaire remonte au mois d’août 2025. Alors qu’il circulait dans la capitale malienne, l’agent français a été enlevé par des hommes armés et cagoulés.
Quelques jours plus tard, la télévision nationale malienne a diffusé sa photographie. Les autorités ont alors affirmé qu’il était impliqué dans une tentative de déstabilisation des institutions du pays.
Cependant, les autorités françaises soutiennent que l’intéressé n’a jamais dissimulé son statut ni ses activités officielles.
Des interrogations sur les relations franco-maliennes
Par ailleurs, plusieurs militaires maliens, dont deux généraux, ont été arrêtés dans le cadre de cette même affaire.
Toutefois, seul le ressortissant français a comparu devant la justice jusqu’à présent. Cette situation alimente de nombreuses interrogations parmi les observateurs.
Certains y voient un nouvel épisode de la dégradation des relations entre Bamako et Paris. D’autres s’interrogent sur l’éventualité d’une grâce présidentielle dans les prochains mois.
Une visite discrète avant le procès
Selon des informations recueillies auprès de sources proches du dossier, le détenu a reçu la visite d’une personnalité étrangère peu avant son procès.
Cette rencontre se serait déroulée sur son lieu de détention après autorisation des autorités compétentes.
Pour l’heure, ni l’identité du visiteur ni les circonstances de cette entrevue n’ont été rendues publiques.

