Les autorités israéliennes ont refusé l’entrée sur leur territoire à la journaliste française Alice Froussard, correspondante de Radio France Internationale (RFI) et de Radio France. Cette décision, annoncée alors que la journaliste arrivait à l’aéroport Ben Gourion de Tel-Aviv, a suscité de vives réactions dans les milieux médiatiques et diplomatiques.
RFI dénonce une décision injustifiée
Dans un communiqué publié jeudi, la direction de RFI a fermement contesté le refoulement de sa journaliste. Le média public français souligne qu’Alice Froussard disposait de tous les documents requis pour accomplir sa mission, notamment une demande de visa de presse en bonne et due forme destinée à lui permettre de travailler en Cisjordanie.
Cependant, les autorités israéliennes n’ont fourni aucune explication officielle à cette décision. Face à cette situation, RFI a exprimé son soutien total à sa correspondante et a dénoncé une entrave à la liberté de la presse. La radio estime que cette mesure intervient dans un contexte où les journalistes rencontrent déjà de nombreuses difficultés pour couvrir l’actualité au Moyen-Orient.
Paris réagit et apporte son soutien
De son côté, le gouvernement français a rapidement réagi. Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères a regretté la décision prise par Israël tout en réaffirmant l’attachement de la France à la liberté de la presse et à l’exercice indépendant du journalisme.
Par ailleurs, les autorités françaises indiquent avoir immédiatement mobilisé leurs services à Paris et à Tel-Aviv afin d’apporter une assistance consulaire à la journaliste.
Les organisations de presse montent au créneau
Dans la foulée, la Société des journalistes (SDJ) et l’Association des correspondants de RFI ont condamné avec fermeté cette mesure. Elles rappellent qu’Alice Froussard
couvre depuis six ans la réalité quotidienne des Palestiniens à travers des reportages fondés sur des faits vérifiés et des témoignages recueillis sur le terrain.
De plus, Reporters sans frontières (RSF) a qualifié cette décision de « mesure liberticide d’une extrême gravité ». Pour Jonathan Dagher, responsable du bureau Moyen-Orient de l’organisation, cette expulsion s’inscrit dans un contexte plus large de restrictions imposées aux journalistes travaillant dans les territoires palestiniens.
Selon lui, empêcher une journaliste expérimentée de poursuivre son travail en Cisjordanie porte atteinte au droit à l’information et réduit davantage l’accès du public international aux réalités du terrain.
Une décision qui suscite des inquiétudes
Cette affaire intervient alors que plusieurs organisations de défense de la liberté de la presse dénoncent régulièrement les obstacles rencontrés par les journalistes internationaux pour accéder aux territoires palestiniens et couvrir les événements dans la région.
Enfin, le ministre israélien de la Diaspora et de la Lutte contre l’antisémitisme, Amichaï Chikli, a confirmé le refoulement de la journaliste française. Toutefois, les autorités israéliennes n’ont toujours pas communiqué publiquement les raisons précises ayant motivé cette décision.
