Dans un entretien accordé au quotidien Wal Fadjri, Aziz Coulibaly dresse un constat sévère sur l’organisation et la structuration de l’industrie musicale sénégalaise. Le promoteur culturel estime que de nombreux artistes, dont Waly Seck, pâtissent d’un manque d’encadrement professionnel.
Une gestion de carrière jugée défaillante
Dans les colonnes de Wal Fadjri ce lundi, Aziz Coulibaly ne mâche pas ses mots. Le promoteur culturel et ancien animateur de Sud FM affirme que les musiciens sénégalais gèrent mal leur carrière. Selon lui, ils « sont complètement à côté de la plaque ».
D’emblée, il pointe un problème structurel : les artistes veulent tout faire eux-mêmes. « Ils veulent être auteurs-compositeurs, arrangeurs, musiciens. Ils ont un problème pour partager », analyse-t-il. À ses yeux, cette confusion des rôles affaiblit l’ensemble de la chaîne professionnelle et nuit à la performance globale du secteur.
Waly Seck, un potentiel mal exploité
Pour illustrer son propos, Aziz Coulibaly cite le cas de Waly Seck. S’il reconnaît son talent et son aura auprès du public jeune, il estime néanmoins que l’artiste ne bénéficie pas d’un encadrement adapté.
« Il n’a pas un bon entourage. Si je le manageais, il ferait un carton dans le monde », affirme-t-il. Coulibaly salue un artiste « talentueux, stylé » et apprécié des jeunes, mais il regrette un manque d’impact scénique : « Il ne fait pas rêver sur scène. Un morceau de 20 minutes n’est pas du spectacle. »
Ainsi, selon lui, le potentiel international de l’artiste reste sous-exploité faute d’une vision stratégique claire.
La question du partage des rôles et des droits
Au-delà des cas individuels, Aziz Coulibaly met en avant un problème plus profond : la gestion des droits d’auteur et la répartition des responsabilités. « C’est une problématique de droit d’auteur », martèle-t-il.
Pour appuyer son argumentaire, il évoque l’exemple de Michael Jackson. « De grands artistes tels que Michael Jackson ne sont que des interprètes. Ce ne sont pas des paroliers. Ils sont devenus milliardaires à travers leurs chansons et les tournées », rappelle-t-il.
À ses yeux, l’industrie musicale repose sur une organisation claire où chacun joue pleinement son rôle. « C’est une industrie dans laquelle chacun doit avoir sa part », insiste-t-il. Or, en cherchant à cumuler toutes les fonctions, certains artistes s’exposent à des difficultés professionnelles. « À vouloir tout faire, ils se retrouvent dans des problèmes », avertit-il.
Des managers relégués au second plan
Enfin, Coulibaly déplore l’effacement progressif des managers dans le paysage musical sénégalais. Selon lui, ces derniers ne remplissent plus leur mission stratégique. « Leurs managers ne jouent plus leur rôle. Ils sont transformés en coursiers ou courtiers », dénonce-t-il.
En conclusion, le promoteur culturel appelle implicitement à une professionnalisation accrue du secteur. Pour lui, seule une meilleure répartition des responsabilités et un encadrement rigoureux permettront aux artistes sénégalais de s’imposer durablement sur la scène internationale.

