Le site français Mediapart a révélé le 5 septembre que les services iraniens auraient orchestré des projets d’assassinats visant des personnes juives en France et en Allemagne. Début mai, la justice parisienne a inculpé Abdelkrim S., 34 ans, et Sabrina B., 33 ans, pour association de malfaiteurs terroriste criminelle et les a placés en détention provisoire dans le cadre de ce qui est surnommé l’« affaire Marco Polo ».
La Résurgence du Terrorisme d’État
L’affaire « Marco Polo » révèle la résurgence du « terrorisme d’État iranien » en Europe, selon une synthèse de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) consultée par l’AFP. La DGSI explique qu’à partir de 2015, les services iraniens ont repris les assassinats ciblés, et que la menace s’est aggravée dans le contexte de la guerre entre Israël et le Hamas. L’Iran aurait cherché à « frapper des personnes cibles civiles » pour « accroître le sentiment d’insécurité » parmi l’opposition au régime iranien et la communauté juive/israélienne. Pour ce faire, l’Iran aurait recruté des criminels, y compris des narcotrafiquants, en Europe.
Un Réseau International
Abdelkrim S., impliqué dans l’affaire « Marco Polo », avait déjà écopé de dix ans de prison pour une tuerie à Marseille avant d’être libéré sous contrôle judiciaire en juillet 2023. Il est suspecté d’être le « principal opérateur » en France d’une cellule commanditée par l’Iran, qui aurait planifié des actions violentes en Allemagne et en France. Abdelkrim S. aurait été mis en contact avec le « coordinateur » de la cellule par un ancien codétenu. Ce « coordinateur », décrit comme un important trafiquant de drogue de la région de Lyon, aurait probablement séjourné en Iran en mai, d’après les informations de la DGSI.
Cibles et Activités
Les enquêteurs ont identifié des cibles telles qu’un ancien employé d’une société israélienne de sécurité à Paris, trois anciens collègues en région parisienne, ainsi que trois Israélo-Allemands à Munich et Berlin. Abdelkrim S. est aussi suspecté d’avoir effectué des repérages en Allemagne malgré son contrôle judiciaire. Il nie ces accusations, prétendant avoir simplement fait des achats.
Les enquêteurs imputent également à cette cellule la responsabilité de quatre incendies d’entreprises appartenant à des ressortissants israéliens dans le sud de la France entre fin décembre 2023 et début janvier 2024. En garde à vue, Abdelkrim S. a nié avoir mis le feu, affirmant qu’il agissait simplement comme intermédiaire entre le commanditaire et d’autres personnes sur Telegram pour un projet d’arnaque à l’assurance.

