La Russie conforte sa position de premier fournisseur de céréales de l’Afrique. Selon les données d’Agroexport, l’agence fédérale russe chargée des exportations agricoles, les volumes expédiés vers le continent ont progressé de 40 % au premier semestre 2026 par rapport à la même période de 2025. L’Égypte, le Soudan et le Kenya figurent parmi les principaux marchés africains de Moscou.
L’Égypte reste le principal débouché africain
Au premier semestre 2026, la Russie a nettement accru ses exportations de céréales vers l’Afrique. D’après les dernières données publiées par Agroexport, les volumes ont augmenté de 40 % sur un an.
L’Égypte arrive largement en tête des pays africains importateurs. Le Caire absorbe à lui seul 44 % des céréales russes destinées au continent. Cette position s’explique notamment par les liens commerciaux établis entre les deux pays, mais aussi par la situation géographique de l’Égypte, qui facilite l’acheminement des cargaisons russes.
Ainsi, Moscou continue de renforcer sa place sur un marché africain confronté à des besoins alimentaires croissants.
Le Soudan augmente ses importations malgré la guerre
Derrière l’Égypte, le Soudan occupe une place importante dans les exportations russes de céréales. Au cours des six premiers mois de 2026, les volumes destinés au pays ont progressé de 62 %.
Cette hausse intervient pourtant dans un contexte particulièrement difficile. Le conflit qui ravage le Soudan depuis trois ans a fortement perturbé l’agriculture et affecté plusieurs importantes zones de production.
Selon un récent rapport de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), la production agricole soudanaise reste ainsi inférieure de 20 % à son niveau d’avant la crise et la guerre. Face à cette baisse de la production locale, le pays doit davantage recourir aux importations pour répondre aux besoins de sa population.
Le Kenya devient le troisième marché africain
Par ailleurs, le Kenya s’impose désormais comme le troisième débouché africain pour les céréales russes.
La FAO attribue notamment cette progression à des besoins supplémentaires provoqués par des « événements météorologiques défavorables ». Les conditions climatiques difficiles ont en effet pesé sur la production agricole et renforcé la demande d’approvisionnements extérieurs.
Cette évolution illustre également la capacité de la Russie à accroître sa présence sur différents marchés africains, alors que plusieurs pays cherchent à sécuriser leurs approvisionnements alimentaires.
Près de cinq millions de tonnes exportées en six mois
Au total, la Russie a exporté près de 5 millions de tonnes de céréales vers l’Afrique au premier semestre 2026. Ce volume représente presque autant que les quantités exportées par la France ou l’Ukraine sur l’ensemble de l’année 2025.
Plusieurs facteurs expliquent cette forte demande africaine. D’abord, la croissance démographique augmente mécaniquement les besoins alimentaires. Ensuite, l’évolution des habitudes de consommation accroît la demande en céréales. Enfin, les conflits qui persistent dans plusieurs pays du continent continuent de fragiliser les productions locales et les chaînes d’approvisionnement.
Dans ce contexte, la Russie profite de l’augmentation des besoins pour consolider sa place de premier exportateur de céréales vers l’Afrique. La progression enregistrée au premier semestre 2026 confirme ainsi le poids croissant de Moscou dans l’approvisionnement alimentaire du continent.

