Auditionné par une commission d’enquête parlementaire, l’ancien ministre de l’Enseignement supérieur, Daouda Ngom, a défendu le versement exceptionnel de 250 000 FCFA à 19 064 étudiants de l’Université Cheikh Hamidou Kane. Il affirme que cette mesure leur permettait d’acheter un ordinateur tout en réduisant les dépenses de l’État.
Daouda Ngom a expliqué les raisons du versement direct de cette allocation aux étudiants nouvellement orientés à l’Université Cheikh Hamidou Kane. Selon ses déclarations rapportées par Senenews, l’opération a mobilisé 4,766 milliards de FCFA, soit 250 000 FCFA pour chacun des 19 064 bénéficiaires.
L’ancien ministre affirme avoir sollicité l’autorisation du ministre des Finances avant de transférer les fonds à la Direction générale des bourses (DGB). Il explique avoir choisi cette structure en raison de sa base de données et de son rôle dans le paiement des allocations étudiantes.
Une mesure présentée comme exceptionnelle
Daouda Ngom présente ce versement comme une solution temporaire, destinée à permettre aux étudiants de disposer d’un ordinateur avant le début des cours. Il estime que l’opération a permis à l’État d’économiser plus d’un milliard de FCFA, comparativement à l’achat direct des équipements, évalué à 5,104 milliards de FCFA.
Pour accompagner les bénéficiaires, l’ancien ministre affirme avoir élaboré, avec l’Université Cheikh Hamidou Kane, un guide précisant les caractéristiques techniques des ordinateurs attendus. Ce document prévoyait notamment une garantie d’un an et un service après-vente. Il conteste ainsi les critiques selon lesquelles les étudiants auraient été laissés sans accompagnement.
La gestion des bourses au cœur des débats
Au cours de son audition, Daouda Ngom a également évoqué la place de la Direction générale des bourses dans le dispositif d’aide aux étudiants. Il a indiqué que 77 % des étudiants bénéficiaient d’une bourse. En 2024, sur 195 000 étudiants inscrits dans les établissements publics, 153 000 en auraient effectivement reçu une.
La gestion des allocations reste toutefois un sujet sensible dans les universités, où les retards de paiement alimentent régulièrement les revendications. L’ancien ministre a affirmé que les paiements de l’année universitaire 2025-2026 avaient commencé, alors que des étudiants réclamaient encore des allocations de 2024-2025.
Des réserves sur le programme « Un étudiant, un ordinateur »
Daouda Ngom a par ailleurs défendu le principe du programme « Un étudiant, un ordinateur », tout en critiquant certaines modalités de son exécution. Selon lui, entre 2017 et 2025, l’État consacrait chaque année six milliards de FCFA à l’achat d’ordinateurs sur le budget national, en dehors des procédures du Code des marchés publics.
Il affirme avoir saisi le Premier ministre et le président de la République à ce sujet. Ces déclarations replacent le versement exceptionnel dans un débat plus large sur les modalités d’acquisition des équipements informatiques, la gestion des fonds publics et l’accès des étudiants aux outils numériques.
