Le président de l’Association des maires du Sénégal (AMS), Omar Ba, demande davantage de moyens pour les collectivités territoriales et un renforcement du statut des élus locaux. Il s’exprimait lors d’une réunion statutaire du bureau de l’AMS consacrée notamment au dialogue avec les institutions et agences engagées dans le développement territorial.
Omar Ba a dressé un bilan positif de l’action de l’association, malgré un contexte sociopolitique qu’il qualifie de « difficile et parfois particulièrement agité ». Il estime que l’AMS a réussi à maintenir le dialogue avec l’État et ses partenaires tout en renforçant son rôle institutionnel.
Le président de l’AMS a également insisté sur la participation de l’association aux discussions autour de l’Acte IV de la décentralisation. « Nous sommes loyaux envers la République, libres dans notre appréciation au cours du processus de négociation et vigilants dans la défense des territoires », a-t-il déclaré.
Des ressources insuffisantes pour les collectivités
Omar Ba identifie l’insuffisance des ressources transférées aux collectivités comme l’une des principales difficultés rencontrées par les communes. Selon lui, les maires doivent répondre aux nombreuses demandes des populations alors qu’ils prennent parfois en charge des compétences qui ne leur ont pas officiellement été transférées« Nous gérons des compétences qui ne sont pas transférées », a-t-il souligné, estimant que les moyens disponibles restent insuffisants face aux responsabilités confiées aux collectivités.
Pour le président de l’AMS, toute réforme de la décentralisation doit donc prévoir un financement adapté aux compétences exercées par les collectivités territoriales.
Renforcer le statut de l’élu local
Le deuxième défi concerne le statut de l’élu local. Omar Ba rappelle que le maire joue un double rôle : il représente les populations et exerce également certaines fonctions au nom de l’État.
Cette situation impose, selon lui, davantage de garanties pour permettre aux maires d’exercer leurs missions dans de bonnes conditions. Il appelle ainsi à mieux « sécuriser » l’exercice du mandat local et à renforcer les moyens d’accompagnement des élus.
Les maires veulent plus de visibilité sur les programmes
La réunion a également permis aux maires d’échanger avec plusieurs structures impliquées dans le développement territorial, notamment le FERA, l’ADM, le PROCASEF, l’ANEC et la Direction générale de la Comptabilité publique et du Trésor.
Les élus souhaitent notamment mieux comprendre les programmes de ces institutions et leurs modalités de mise en œuvre. Omar Ba a cité le prochain démarrage du PACASEN 2, dont les maires veulent connaître le contenu, les critères de sélection des communes bénéficiaires et les modalités d’exécution.
Le FERA, qui doit reprendre ses activités, devra également présenter son nouveau programme aux élus. Les maires souhaitent par ailleurs davantage d’informations sur les nouveaux outils développés par la Direction générale de la Comptabilité publique et du Trésor.
L’AMS se positionne sur l’Acte IV de la décentralisation
Concernant l’Acte IV de la décentralisation, l’AMS entend accompagner les réformes annoncées tout en défendant les intérêts des collectivités territoriales.
L’association veut notamment obtenir une meilleure clarification des compétences, une sécurisation des financements, un renforcement de l’administration locale et une amélioration du statut de l’élu. Elle souhaite faire de cette nouvelle étape une réforme « utile et applicable » aux réalités des territoires.
Omar Ba a enfin salué l’écoute du président de la République et l’engagement du ministre des Collectivités territoriales, Moussa Balla Fofana, dans le processus de concertation. Il a appelé les maires à préserver leur unité afin de continuer à porter les préoccupations des collectivités territoriales d’une seule voix.
