Les États-Unis et l’Iran seraient proches d’un accord sur le détroit d’Ormuz, selon le ministre pakistanais de la Défense. Islamabad multiplie les initiatives diplomatiques pour débloquer les négociations entre Washington et Téhéran.
Islamabad intensifie sa médiation
Les États-Unis et l’Iran se rapprochent d’un accord sur le détroit d’Ormuz. Le ministre pakistanais de la Défense, Khawaja Asif, l’a affirmé mardi.
Dans un entretien accordé à Bloomberg, il a indiqué que Washington et Téhéran étaient « proches d’une sorte d’accord ». Le ministre considère la quasi-fermeture du détroit comme le principal obstacle à la reprise des négociations entre les deux camps.
Dans ce contexte, le ministre pakistanais de l’Intérieur, Mohsin Naqvi, se trouve actuellement à Téhéran. Il rencontre les dirigeants iraniens dans le cadre des efforts de médiation engagés par Islamabad.
Selon une source gouvernementale pakistanaise citée par Anadolu, Naqvi doit présenter « de nouvelles propositions » aux responsables iraniens. L’objectif consiste à mettre fin au bras de fer autour d’Ormuz et à permettre la reprise des négociations.
La source n’a toutefois fourni aucun détail sur la teneur de ces propositions.
Le Premier ministre Shehbaz Sharif et le chef de l’armée, le maréchal Asim Munir, participent également aux efforts de médiation.
« Les choses évoluent en faveur de la paix »
Khawaja Asif estime que les dernières évolutions pourraient favoriser une sortie de crise.
« Les choses évoluent en faveur de la paix », a-t-il déclaré, sans toutefois évoquer une avancée précise.
Le ministre pakistanais a néanmoins souligné que les signaux reçus récemment restaient encourageants.
« Les signaux observés au cours des deux ou trois derniers jours indiquent que nous sommes proches d’une sorte d’accord », a-t-il ajouté.
Par ailleurs, le Qatar confirme une avancée dans les discussions autour de la réouverture du détroit.
Un porte-parole du ministère qatari des Affaires étrangères a indiqué mardi que les discussions entre l’Iran et Oman sur la réouverture d’Ormuz à une partie du trafic maritime se trouvaient à un « stade avancé ».
Le détroit d’Ormuz au cœur du blocage
Les États-Unis et l’Iran ont signé un protocole d’accord le 17 juin. Les deux pays ont ensuite entamé des négociations pour parvenir à un accord définitif.
Cependant, les discussions ont rapidement buté sur plusieurs désaccords. Washington et Téhéran divergent notamment sur les garanties de sécurité et la liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz.
Cette voie maritime représente un enjeu stratégique majeur. Elle constitue l’une des principales routes mondiales pour l’approvisionnement énergétique et le commerce international.
Sa quasi-fermeture continue donc de peser sur les échanges mondiaux et les marchés de l’énergie.
Des affrontements militaires aggravent les tensions
Les tensions entre les deux pays ont également pris une dimension militaire ces dernières semaines.
Du 8 au 24 juillet, les États-Unis et l’Iran ont échangé des frappes. Washington a ciblé plusieurs sites en Iran.
En réaction, Téhéran a frappé des installations et des équipements militaires américains dans plusieurs pays arabes. L’Iran a notamment visé des positions situées en Jordanie, à Bahreïn et au Koweït.
Dans ce contexte particulièrement tendu, les efforts diplomatiques pakistanais et les discussions autour de la réouverture du détroit pourraient ouvrir la voie à une reprise des négociations entre Washington et Téhéran.

