L’ancien magistrat Ibrahima Hamidou Dème dénonce le traitement différencié que réserveraient les autorités administratives et judiciaires aux discours xénophobes et aux réactions qu’ils suscitent. Il appelle à une application équitable de la loi afin de préserver la cohésion sociale.
Ibrahima Hamidou Dème hausse le ton face à ce qu’il considère comme une complaisance des autorités envers certains discours de haine et de xénophobie au Sénégal. Dans une déclaration rendue publique le 15 octobre 2026, l’ancien magistrat critique le « deux poids, deux mesures » qu’il attribue aux autorités administratives et judiciaires.
Selon lui, des personnes se réclamant du nationalisme peuvent tenir des propos stigmatisants à l’égard de certaines communautés sans faire l’objet de réactions suffisantes, tandis que ceux qui dénoncent ou contestent ces discours sont, eux, sanctionnés. Il estime que de tels propos, lorsqu’ils sont susceptibles de constituer des infractions pénales, doivent être traités avec la même rigueur que toute autre violation de la loi.
L’égalité devant la loi en question
Cette prise de position s’inscrit dans le prolongement des alertes déjà lancées par Ibrahima Hamidou Dème sur la stigmatisation des étrangers, notamment des Guinéens d’ethnie peule, dans le débat public sénégalais. En juillet dernier, il avait mis en garde contre la banalisation des discours visant des communautés en raison de leur origine ou de leur nationalité.
Pour l’ancien magistrat, la haine et la xénophobie constituent des menaces pour la paix sociale et la cohésion nationale. Il appelle ainsi les autorités à faire preuve de fermeté, sans distinction entre les auteurs de discours hostiles et ceux qui y réagissent.
« La loi doit s’appliquer à tous, sans complaisance, sans discrimination », insiste-t-il, plaidant pour une justice fondée sur le principe d’égalité devant la loi.
À travers cette interpellation, Ibrahima Hamidou Dème remet au centre du débat la responsabilité des pouvoirs publics dans la prévention des discours de haine. Son appel vise à éviter que les tensions identitaires ne fragilisent davantage le vivre-ensemble et les valeurs d’ouverture et de fraternité associées à la société sénégalaise.
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