Le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lô présentera sa Déclaration de politique générale le 1er septembre 2026 devant l’Assemblée nationale. Un exercice qui intervient dans un contexte politique tendu, alors que la majorité Pastef n’exclut pas une motion de censure.
Une DPG sous haute tension
« Les députés de Pastef n’attendent que cet exercice pour censurer le gouvernement », avait averti le ministre de l’Industrie et du Commerce, Serigne Guèye Diop.
La Déclaration de politique générale d’Ahmadou Al Aminou Lô se tiendra finalement le 1er septembre à l’Assemblée nationale. Nommé Premier ministre le 25 mai, l’ancien secrétaire général du Gouvernement devra présenter les grandes orientations de son équipe.
À travers cet exercice, le chef du gouvernement exposera les priorités de l’exécutif à court et moyen terme. Le débat parlementaire pourra ensuite déboucher sur un vote de confiance, à la demande du Premier ministre.
Les priorités du gouvernement
La DPG devrait s’articuler autour des quatre axes du référentiel Sénégal 2050. Le gouvernement devrait également mettre l’accent sur les objectifs fixés à l’horizon 2029.
Ahmadou Al Aminou Lô devra notamment détailler les mesures prévues pour répondre aux principales préoccupations des Sénégalais.
L’emploi, le coût de la vie, l’éducation et la santé devraient ainsi occuper une place importante dans son discours. Le Premier ministre devra également défendre la politique de rigueur budgétaire de son gouvernement.
Son parcours d’économiste devrait lui permettre d’aborder les questions économiques avec une attention particulière. Il a notamment travaillé à la BCEAO et participé à des négociations avec le FMI ainsi qu’à des émissions d’eurobonds.
Une préparation coordonnée entre les ministères
Pour préparer cette DPG, chaque ministère a transmis une contribution fondée sur son plan d’action sectoriel.
Le Secrétariat général du Gouvernement, dirigé par Papa Assane Touré, a ensuite coordonné la compilation et l’harmonisation de ces documents.
Des fiches sectorielles ont également été élaborées. Elles doivent permettre au Premier ministre d’apporter des réponses précises aux questions des députés lors des débats.
La menace d’une motion de censure
Cette DPG intervient cependant dans un climat politique particulièrement tendu.
Le président de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko, a notamment évoqué la possibilité d’une motion de censure lors d’un meeting à Touba. Le Pastef dispose d’une large majorité parlementaire et conserve la possibilité de recourir à cette procédure constitutionnelle.
Pour être recevable, une motion de censure doit recueillir la signature d’au moins un dixième des députés. La Conférence des présidents fixe ensuite la date du débat, conformément aux délais prévus par la Constitution.
Un premier test pour Al Aminou Lô
La Déclaration de politique générale constituera ainsi le premier grand exercice parlementaire d’Ahmadou Al Aminou Lô depuis son arrivée à la Primature.
Le contexte contraste avec celui de 2024. À l’époque, son prédécesseur Ousmane Sonko avait refusé de présenter sa DPG devant une Assemblée nationale alors dominée par l’opposition.
Cette fois, Ahmadou Al Aminou Lô devra donc défendre son programme devant une majorité parlementaire issue de Pastef, tout en faisant face aux tensions qui traversent le pouvoir.
L’avertissement de Serigne Guèye Diop donne ainsi une dimension politique particulière à ce rendez-vous du 1er septembre.

