Plus de six heures d’audition à la gendarmerie de Colobane
Convoqué ce lundi à la Section de recherches (SR) de la gendarmerie de Colobane, le député Thierno Alassane Sall est ressorti après plus de six heures d’audition avec un discours offensif.
Le leader de République des Valeurs (RV), cité par L’Observateur, affirme avoir remis aux enquêteurs des éléments qu’il qualifie de « en béton » concernant le circuit financier du marché de 37 milliards de francs CFA destiné à l’électrification rurale.
Selon lui, ces documents proviennent de la justice espagnole et apportent un éclairage nouveau sur cette affaire.
« Pratiquement rien n’est arrivé au Sénégal »
Face à la presse, le parlementaire a réitéré ses accusations sur la gestion des fonds du contrat liant l’Agence sénégalaise d’électrification rurale (ASER) à la société espagnole AEE Power EPC.
D’après Thierno Alassane Sall, sur les 37 milliards de francs CFA décaissés, seuls environ 7 milliards auraient servi au paiement de primes.
Le reste des fonds se serait, selon lui, « volatilisé ».
« L’argent a été dispersé aux quatre vents à travers le monde. Depuis deux ans, les Espagnols nous avaient avertis qu’il existait des soupçons de prévarication sur notre argent. Cela devient de plus en plus clair », a-t-il déclaré.
Le député estime ainsi que « pratiquement rien n’est arrivé au Sénégal » dans le cadre de ce projet d’électrification rurale.
Le refus de transmettre des relevés bancaires pointé du doigt
Thierno Alassane Sall a également évoqué l’attitude de la société AEE Power EPC devant la justice espagnole.
Selon lui, l’entreprise aurait refusé de transmettre ses relevés bancaires aux magistrats espagnols.
Pour le leader de République des Valeurs, ce refus constitue un élément troublant.
Il y voit même un « aveu » de culpabilité dans cette affaire.
Une mise en garde à ses détracteurs
Le député a aussi profité de sa sortie pour répondre à ceux qu’il accuse de mener des campagnes de dénigrement contre lui sur les réseaux sociaux.
« À la place de ceux qui racontent des ragots et des rumeurs […], je me ferais du souci, car l’enquête va se poursuivre jusqu’au bout, ici au Sénégal, mais aussi en Espagne », a-t-il averti.
Il assure que les investigations ne s’arrêteront pas et que toute la lumière devra être faite sur le sort des fonds engagés.
Des accusations visant les plus hautes sphères de l’État
Thierno Alassane Sall met également en cause d’éventuelles protections politiques dans ce dossier.
« Il y a des gens tapis dans les plus hautes sphères de l’État, qui savent ce qui s’est passé et qui ont refusé qu’on enquête, qui ont fermé la bouche, les yeux et les oreilles […] et ont entrepris une opération de camouflage », a-t-il affirmé.
Avant d’ajouter : « Ce ne sont pas des complicités de fonctionnaires ordinaires, mais des complicités au plus haut niveau de l’État. »
Une enquête qui se poursuit
Désormais, le dossier se trouve entre les mains des enquêteurs de la Section de recherches de Colobane.
Selon Thierno Alassane Sall, la coopération entre Dakar et Madrid a permis de réunir suffisamment d’éléments documentés pour faire avancer rapidement les investigations.
L’évolution de cette procédure judiciaire devrait permettre d’établir les responsabilités et de déterminer le véritable parcours des fonds destinés à l’électrification de plusieurs localités sénégalaises.
