En Éthiopie, les affrontements entre l’armée fédérale et les forces tigréennes se sont intensifiés ce week-end des 26 et 27 septembre.Plusieurs fronts concernent notamment le sud du Tigré et la région de l’Afar, tandis que les tensions continuent de s’aggraver dans le nord du pays.
Une semaine après l’annonce d’une nouvelle coalition regroupant plusieurs groupes armés opposés au gouvernement du Premier ministre Abiy Ahmed, les combats se poursuivent dans le nord de l’Éthiopie. Les forces du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF) et leurs alliés affrontent les troupes fédérales sur plusieurs axes.
Le suivi de la situation reste toutefois difficile. Dans plusieurs zones du nord du pays, les autorités ont fortement perturbé, voire coupé, les télécommunications, ce qui complique la circulation des informations sur le terrain.
De violents combats dans le sud du Tigré
D’importants affrontements ont notamment été signalés dans le sud du Tigré, autour d’Alamata. Cette ville se trouve sur l’axe routier reliant Mekele, capitale régionale du Tigré, à Addis-Abeba.
Selon les informations disponibles, l’armée fédérale a repris le contrôle d’une partie de cet axe stratégique, en dessous d’Alamata. Cette route constitue un important corridor de circulation entre le nord du pays et la capitale éthiopienne.
Les combats se sont également intensifiés dans la région de l’Afar, située à l’est du Tigré. Les forces tigréennes et leurs alliés auraient pris le contrôle de plusieurs localités, dont Erebti.
Un axe stratégique menacé vers Djibouti
Selon plusieurs chercheurs cités dans les informations disponibles, les forces tigréennes pourraient chercher à perturber la principale route reliant Djibouti à Addis-Abeba.
Cet axe joue un rôle majeur dans l’approvisionnement de la capitale éthiopienne, notamment pour les marchandises transitant par le port de Djibouti. Une perturbation durable de cette liaison pourrait donc avoir des conséquences importantes sur les échanges et l’approvisionnement du pays.
Addis-Abeba accuse plusieurs pays voisins
La situation prend également une dimension régionale. Dimanche 27 septembre, le chef de l’armée éthiopienne a accusé l’Érythrée, le Soudan et l’Égypte de soutenir les groupes armés qui combattent les forces fédérales.
Il a notamment affirmé que les forces tigréennes du TPLF ne pourraient pas maintenir leur niveau actuel d’activité militaire sans bénéficier, selon lui, d’un soutien et d’un approvisionnement provenant de l’extérieur.
Ces accusations n’ont toutefois pas été confirmées publiquement par des éléments indépendants.
Asmara a régulièrement rejeté les accusations de soutien aux groupes armés opposés au gouvernement éthiopien. Le porte-parole de l’armée soudanaise a également démenti les accusations d’Addis-Abeba, affirmant que Khartoum respectait le droit international et le principe de non-ingérence.
De son côté, le Soudan accuse l’Éthiopie de soutenir les forces paramilitaires soudanaises engagées dans la guerre qui oppose, depuis plusieurs années, ces groupes à l’armée régulière.
La multiplication des accusations entre les différents acteurs illustre ainsi le risque d’un élargissement régional des tensions autour du conflit dans le nord de l’Éthiopie.
