Les relations entre FIFA et CAF s’inscrivent depuis plusieurs années dans une logique d’alliances stratégiques où les intérêts électoraux et l’influence institutionnelle se croisent. Le soutien unanime des 54 fédérations africaines à Gianni Infantino pour l’élection de 2027, sous l’impulsion de Patrice Motsepe, illustre clairement cette dynamique.
Derrière cette annonce officielle se dessine un rapport de forces structuré : l’Afrique constitue un bloc électoral décisif au sein de la FIFA. Avec 54 voix, soit l’un des plus importants contingents, le continent peut peser lourdement dans l’issue d’un scrutin. En sécurisant ce soutien très en amont, Gianni Infantino verrouille une base essentielle pour sa reconduction.
Ce rapprochement ne relève toutefois pas uniquement d’un calcul électoral. Il s’inscrit dans une relation plus large où la FIFA a renforcé son influence sur le football africain ces dernières années, notamment à travers des programmes de financement, un accompagnement institutionnel accru et une présence plus marquée dans la gouvernance des compétitions africaines.
Dans ce contexte, le rôle de Patrice Motsepe apparaît central. En alignant les fédérations africaines derrière Infantino, il consolide sa position à la tête de la CAF tout en s’inscrivant dans une logique de coopération étroite avec Zurich, siège de la FIFA. Ce positionnement est souvent perçu par certains observateurs comme un équilibre entre partenariat stratégique et dépendance institutionnelle.
Par ailleurs, le choix du Maroc pour accueillir le congrès électif de 2027 n’est pas anodin. Il reflète la montée en puissance du royaume sur la scène du football mondial, portée par des investissements massifs et la coorganisation annoncée de la Coupe du monde 2030 avec l’Espagne et le Portugal. Ce contexte renforce encore les liens entre la FIFA, la CAF et certaines fédérations influentes du continent.
Enfin, sur le plan réglementaire, la candidature d’Infantino à un nouveau mandat reste conforme aux statuts, malgré les débats qu’elle suscite. Son premier mandat, écourté, lui permet juridiquement de briguer un nouveau cycle jusqu’en 2031.
En toile de fond, ce « deal » met en lumière une réalité du football mondial : au-delà du terrain, les équilibres se construisent dans les instances, où alliances politiques, stratégies d’influence et intérêts géopolitiques façonnent les décisions majeures.
