Après près de trois ans de suspension, le Fonds monétaire international (FMI) et le Sénégal renouent leur coopération. L’institution financière internationale a annoncé, mardi 1er septembre, un accord de principe portant sur un prêt de 2,2 milliards de dollars. Ce financement doit aider Dakar à rétablir ses équilibres financiers, alors que la dette publique atteint 132 % du PIB.

Un nouveau financement pour redresser les finances publiques

Le Sénégal et le FMI ont franchi une nouvelle étape dans leurs relations. Mardi 1er septembre, l’institution de Bretton Woods a annoncé un accord de principe en faveur d’un programme de financement de 2,2 milliards de dollars.

Ce nouvel accord vise notamment à soutenir les autorités sénégalaises dans leurs efforts de redressement des finances publiques. Dakar doit en effet faire face à une situation budgétaire particulièrement difficile, marquée par une dette publique qui atteint désormais 132 % du produit intérieur brut (PIB).

Le FMI prévoit d’accorder ce financement sur une période de 36 mois, dans le cadre de la Facilité élargie de crédit (FEC). Toutefois, l’accord doit encore recevoir l’approbation du Conseil d’administration de l’institution.

Près de trois ans après la suspension du précédent programme

Cette annonce intervient près de trois ans après la suspension du précédent programme du FMI avec le Sénégal. À l’époque, l’institution avait interrompu un prêt de 1,8 milliard de dollars après la révélation par les nouvelles autorités sénégalaises de l’existence d’une dette cachée de plus de 9 milliards de dollars, contractée sous l’administration précédente.

Depuis lors, Dakar et le FMI ont engagé des discussions afin de rétablir leur coopération et de mettre en place un nouveau cadre permettant d’assainir les finances publiques.

Le nouvel accord marque ainsi une étape importante dans ce processus, même si plusieurs conditions restent encore à remplir avant son approbation définitive.

Des mesures correctives exigées par le FMI

Mercedes Vera Martin, qui a dirigé la mission du FMI au Sénégal du 19 août au 1er septembre, a toutefois souligné que Dakar devait encore prendre plusieurs mesures avant que le Conseil d’administration puisse se prononcer.

Selon la responsable de la mission, les autorités sénégalaises devront notamment mettre en œuvre des « mesures correctives résolues » afin de soutenir leur demande de dérogation concernant les déclarations erronées de données financières.

En outre, le FMI attend du Sénégal qu’il obtienne les garanties nécessaires auprès de ses partenaires financiers. L’institution conditionne en effet l’approbation du programme à la réception des assurances de financement nécessaires de la part des partenaires du pays.

Une approbation encore attendue

Ainsi, même si le Sénégal et le FMI ont conclu un accord de principe, Dakar devra encore franchir plusieurs étapes avant de bénéficier effectivement des 2,2 milliards de dollars annoncés.

Le Conseil d’administration du FMI devra examiner et approuver le programme. Parallèlement, les autorités sénégalaises devront mettre en œuvre les mesures correctives demandées et sécuriser les financements complémentaires attendus de leurs partenaires.

Ce nouvel accord pourrait néanmoins constituer un tournant dans la relation entre Dakar et le FMI, alors que le Sénégal cherche à restaurer la confiance de ses partenaires financiers et à retrouver une trajectoire soutenable pour ses finances publiques.

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