Le ministre des Transports terrestres et aériens, Yakhouma Diémé, a confirmé qu’il prendra, avec le Premier ministre, une décision importante sur la gestion des gares routières appartenant à l’État. Lors d’un entretien avec l’APS, il a vivement critiqué certains groupements de transporteurs qui, en menant des grèves, empêchent d’autres opérateurs privés d’exercer librement leurs activités.
En effet, la grève affecte davantage les régions de l’intérieur que Dakar. Toutefois, cette disparité ne résulte pas d’un traitement privilégié de la capitale. Elle s’explique plutôt par le mode de gestion des gares routières régionales, confiées à des groupements de transporteurs et de chauffeurs qui s’opposent actuellement à toute activité.
Par conséquent, même les transporteurs privés désireux d’opérer à l’intérieur du pays renoncent à travailler, soit par crainte, soit en raison d’obstacles physiques imposés par ces groupements.
L’État reprend la main sur un dossier sensible
Face à cette situation, l’État remet désormais sur la table la question de la gestion des gares routières. Le ministre abordera ce dossier avec le Premier ministre dans les prochains jours. À l’issue de cette rencontre, les autorités communiqueront officiellement les mesures retenues au public.
Ainsi, le gouvernement affiche sa volonté de réorganiser un secteur stratégique, afin de garantir la continuité du service de transport sur l’ensemble du territoire.
Garantir les libertés sans bloquer le service public
Par ailleurs, Yakhouma Diémé insiste sur un point essentiel : l’État ne peut pas tolérer que des blocages empêchent les Sénégalais de se déplacer librement, alors même qu’il demeure propriétaire des infrastructures.
Il rappelle que l’État a confié la gestion des gares routières aux groupements pour leur permettre d’exercer leurs droits fondamentaux, notamment la liberté de commerce, de circulation, le droit de grève et le droit de travailler avec les partenaires de leur choix. Cependant, ces droits ne doivent pas porter atteinte au fonctionnement normal du service ni aux libertés des autres acteurs.
Une décision attendue dans un esprit de dialogue
En définitive, le ministre annonce une décision forte à l’issue de la rencontre avec le Premier ministre. Il précise néanmoins qu’il ne s’agit pas d’une menace, mais d’une démarche nécessaire pour rétablir l’ordre dans le secteur.
Dans le même temps, les autorités entendent poursuivre le dialogue et les négociations avec les acteurs concernés, afin de trouver une solution durable à cette crise.

