Condamné à 14 ans de prison en première instance, Claude Muhayimana comparaît de nouveau devant la justice française. La cour d’assises de Paris ouvre, ce mardi 3 février 2026, son procès en appel pour complicité de génocide et crimes contre l’humanité.
Un procès en appel très attendu
Claude Muhayimana revient devant la cour d’assises de Paris.
Son procès en appel débute ce mardi et se poursuivra jusqu’au 27 février.
En première instance, la justice l’a reconnu coupable.
Elle l’a condamné à 14 ans de réclusion criminelle.
Le Franco-Rwandais conteste fermement les faits.
Il nie toute participation volontaire aux crimes reprochés.
Un profil présenté comme « ordinaire »
Claude Muhayimana n’était ni responsable politique, ni militaire.
Il exerçait comme chauffeur à Kibuye, dans l’ouest du Rwanda.
Selon sa défense, il s’agissait d’un « homme ordinaire ».
Pourtant, il a été le premier civil jugé en France pour ces faits.
Cette singularité a marqué le premier procès, en 2021.
Des accusations liées au transport de miliciens
L’accusation lui reproche un rôle logistique essentiel.
Il aurait transporté des miliciens Interahamwe vers des sites de massacres.
Ces faits concernent notamment Kibuye et plusieurs collines voisines.
À Karongi, Gitwa et Bisesero, des milliers de Tutsis ont été tués.
Des témoins affirment l’avoir vu conduire des miliciens armés.
Ils évoquent des chants appelant à l’extermination.
La défense invoque la contrainte
Claude Muhayimana rejette ces accusations.
Il affirme ne pas se trouver sur certains lieux au moment des massacres.
Ses avocats dénoncent des témoignages jugés peu fiables.
Ils pointent également l’absence de preuves matérielles.
En outre, la défense invoque la contrainte.
Sa femme étant Tutsi, il aurait agi sous la menace.
Cependant, la cour n’a pas retenu cet argument en première instance.
Un verdict confirmé ou révisé attendu
Ce procès en appel reste déterminant.
Il pourrait confirmer ou modifier la condamnation initiale.
Au-delà du cas individuel, l’affaire interroge la responsabilité civile.
Elle rappelle le rôle logistique dans les crimes de masse.
La cour rendra son verdict à l’issue des débats, fin février.
