La Commission d’enquête parlementaire poursuit ses travaux sur la gestion foncière et domaniale. Auditionné le vendredi 9 octobre 2026, l’ancien Directeur des Domaines, Abdou Gningue, a apporté des éclairages sur plusieurs dossiers sensibles concernant le domaine public maritime et des lotissements à Dakar et à Thiès.

En poste de mai 2024 à août 2026, Abdou Gningue a indiqué que plusieurs dossiers de lotissements litigieux étaient déjà suspendus à son arrivée. Son audition a notamment porté sur les mesures engagées pour vérifier la régularité des opérations foncières et prévenir les éventuelles irrégularités.

Des audits pour vérifier la régularité des opérations

Pour renforcer le contrôle, un comité technique a été mis en place afin d’examiner les dossiers au cas par cas. L’objectif est de vérifier l’existence des terrains concernés, la conformité des procédures et la réalité de leur mise en valeur avant la délivrance des quitus.

Plusieurs projets de décrets portant annulation, réaménagement ou déclaration d’utilité publique ont également été élaborés pour des sites comme la Nouvelle Ville de Thiès, le Plan d’urbanisme de détail de Guédiawaye et le Hangar des Pèlerins.

Le domaine public maritime au centre des échanges

Concernant le domaine public maritime (DPM), l’ancien responsable a rappelé les règles encadrant sa délimitation, notamment la bande de 100 mètres mesurée à partir des plus hautes eaux, tout en soulignant la nécessité de tenir compte de l’évolution du trait de côte et de l’avancée de la mer.

Il a également précisé que l’octroi d’un titre réel sur une dépendance du DPM suppose, au préalable, son déclassement et son incorporation au domaine privé de l’État, conformément aux règles applicables.

Les attributions gratuites sous surveillance

Abdou Gningue est aussi revenu sur les attributions gratuites de terrains, rappelant qu’elles sont encadrées et destinées à l’habitation individuelle. Selon les éléments présentés, des demandes portant sur de grandes superficies ou ne garantissant pas une mise en valeur effective ont fait l’objet de rejets.

Cette audition s’inscrit dans un examen plus large de la gestion du patrimoine foncier de l’État. Les travaux de la Commission doivent permettre de mieux comprendre les procédures appliquées, les décisions prises et les éventuels manquements à établir.

À ce stade, les éléments évoqués constituent des points d’examen et ne suffisent pas, à eux seuls, à établir des responsabilités individuelles. L’enjeu est désormais de faire toute la lumière sur les dossiers litigieux et de renforcer la transparence dans la gestion du foncier public.

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