Longtemps perçu comme un îlot de stabilité en Afrique de l’Ouest, le Ghana reste exposé à la menace terroriste. Au nord-est, la porosité des frontières, la précarité économique et les tensions locales fragilisent les communautés. Pour y répondre, les autorités multiplient les actions de sensibilisation, notamment auprès des jeunes.

Un risque latent aux frontières du Burkina Faso

Souvent présenté comme un havre de paix, le Ghana n’échappe pas totalement aux dynamiques régionales de l’extrémisme violent. En cause, d’abord, des frontières poreuses avec le Burkina Faso voisin. Ensuite, des conflits locaux et un développement économique inégal, plus marqué dans le sud du pays, affaiblissent les zones frontalières.

Dans ce contexte, les communautés du nord-est apparaissent plus vulnérables. C’est précisément là que les autorités concentrent leurs efforts de prévention contre la radicalisation.

À Bolgatanga, un message direct aux étudiants

À l’université de Bolgatanga, dans le nord-est du pays, plusieurs centaines d’étudiants assistent à un atelier de sensibilisation. Devant eux, Augustine Akugri, directeur régional délégué de la Commission nationale pour l’éducation civique (NCCE), pose le cadre sans détour.

« Aujourd’hui, nous allons parler de l’extrémisme violent et du terrorisme », annonce-t-il d’emblée.

Selon lui, le risque de recrutement de la jeunesse par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Jnim) est bien réel. Très actif au Burkina Faso, le groupe étend désormais ses opérations aux zones frontalières du Ghana.

Des méthodes de recrutement bien identifiées

Augustine Akugri alerte sur des pratiques insidieuses. Des groupes approchent des jeunes, leur promettent un emploi, avant de les conduire vers le Mali ou le Burkina Faso.

« Même sans statistiques exactes, les communautés frontalières nous ont rapporté ces faits », explique-t-il. « Certains jeunes se retrouvent ensuite contraints de combattre. »

Face à cette menace, la NCCE, avec l’appui des autorités ghanéennes, a déployé ces cinq dernières années plusieurs programmes de sensibilisation. Objectif : informer, mais aussi renforcer la coopération entre populations locales et forces de sécurité.

Miser sur la résilience des communautés

Pour le responsable régional, la prévention passe avant tout par l’éducation civique. « Nous devons aider les communautés à comprendre ce qui se passe afin de développer une véritable résilience », insiste Augustine Akugri.

Un enjeu d’autant plus crucial que les réseaux sociaux jouent un rôle central dans les tentatives de radicalisation.

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