La Suisse reste sous le choc, vingt-quatre heures après l’incendie d’un bar fréquenté majoritairement par des jeunes à Crans-Montana. Le drame, survenu dans la nuit du Nouvel An, a coûté la vie à au moins 40 personnes et fait 115 blessés, dont une majorité dans un état grave, selon le dernier bilan officiel. Parmi les victimes figurent plusieurs ressortissants étrangers, dont des Français et des Italiens.
Sur les réseaux sociaux, des photos d’adolescents au visage souriant circulent, accompagnées d’appels désespérés de proches à la recherche de nouvelles. « Ma sœur de 15 ans a disparu », « nous sommes sans nouvelles de deux amis présents au bar » : les messages se multiplient, souvent assortis de descriptions vestimentaires et de numéros de téléphone, dans l’espoir d’obtenir la moindre information.
Une onde de choc nationale
Vendredi 2 février, le pays s’est réveillé dans le deuil après ce que le président de la Confédération suisse, Guy Parmelin, qualifie déjà d’« une des pires tragédies que notre pays ait connues ». La presse parle de « 24 heures après l’enfer », tandis que les autorités ont décrété cinq jours de deuil national.
Dès jeudi soir, des centaines de personnes se sont rassemblées à Crans-Montana pour rendre hommage aux victimes. Dans un silence lourd d’émotion, fleurs et bougies ont été déposées à proximité du lieu du drame. Une messe commémorative s’est également tenue, rapporte Emilien Verdon, correspondant de la RTS dans le canton du Valais.
Des victimes encore non identifiées
L’identification des victimes s’annonce longue et complexe. Les flammes ont gravement brûlé de nombreux corps, compliquant leur identification. « Dans les prochains jours, nos équipes feront de l’identification des personnes décédées une priorité afin de restituer les corps aux familles », a déclaré Frédéric Gisler, commandant de la police cantonale du Valais. « Cette procédure pourrait prendre plusieurs jours », a-t-il précisé.
Les hôpitaux de la région ont été mobilisés en urgence. « Nous avons reçu 13 adultes brûlés et huit mineurs », a indiqué le Dr Wassim Raffoul, médecin-chef à l’hôpital de Morges. Tous les patients présentent des brûlures sur plus de 60 % de leur surface corporelle, alors que l’on considère une brûlure comme grave dès 10 %.
Des ressortissants étrangers touchés
Le ministère français des Affaires étrangères a annoncé que neuf Français ont été blessés et que huit autres sont portés disparus. Le Quai d’Orsay a précisé que des ressortissants français pourraient également figurer parmi les victimes décédées, dont l’identification est encore en cours.
L’Italie a également annoncé l’envoi d’experts pour aider à l’identification de victimes sous sédation ou sans papiers. Les autorités italiennes ont recensé treize blessés et six personnes restent introuvables. Elles ont transféré par hélicoptère trois ressortissants italiens deux adolescents de 16 ans et une femme de 29 ans vers le centre des grands brûlés de l’hôpital Niguarda à Milan.D’autres établissements spécialisés, notamment à Turin, se sont dits prêts à accueillir des blessés supplémentaires.
Une enquête à ses débuts
Les causes de l’incendie demeurent inconnues à ce stade. L’enquête vient à peine de commencer et les autorités privilégient pour l’instant la piste d’un embrasement généralisé ayant provoqué une déflagration.
Selon plusieurs témoignages relayés par les médias, des bougies étincelles posées sur des bouteilles de champagne auraient enflammé le plafond du bar « Le Constellation » vers 1h30 du matin. Une hypothèse qui reste à confirmer.
« Il y a eu un mouvement de panique, les gens se sont retrouvés entassés dans les escaliers », a raconté un témoin à la RTS. « Le scénario du pire », résume le Dr Wassim Raffoul, évoquant des températures pouvant atteindre jusqu’à 2 500 degrés, alors que le corps humain ne supporte qu’une cinquantaine de degrés.
