Le procès de plusieurs Français soupçonnés d’avoir rejoint l’organisation État islamique (EI) s’ouvre ce dimanche 20 septembre 2026 en Irak. Cinq hommes comparaissent dans un premier temps devant la justice irakienne à Bagdad. Les autorités irakiennes peuvent prononcer la peine de mort dans ce type d’affaires.

Près d’une cinquantaine de Français transférés du nord-est de la Syrie vers l’Irak sont actuellement détenus à Bagdad. Les autorités les soupçonnent d’avoir commis des infractions liées à l’EI. Une nouvelle audience est prévue le 5 octobre.

Des avocats dénoncent les conditions de jugement

Une partie des accusés a rejoint la Syrie alors qu’ils étaient encore mineurs. Mathieu Bagard, d’Avocats sans frontières France, représente certains d’entre eux et s’interroge sur leur traitement judiciaire.

Selon lui, certains jeunes hommes ont été emmenés en Syrie par leurs parents alors qu’ils étaient encore enfants. Il estime que la justice irakienne doit déterminer leur responsabilité individuelle et tenir compte de leur situation au moment des faits.

Les défenseurs des accusés dénoncent également leur transfert vers l’Irak et demandent aux autorités françaises de rapatrier leurs ressortissants.

Des précédents de condamnations à mort

La justice irakienne a déjà prononcé de nombreuses condamnations à mort et peines de prison à perpétuité contre des personnes reconnues coupables de terrorisme, notamment parmi les membres étrangers présumés de l’EI.

En 2019, les tribunaux irakiens avaient condamné à mort onze Français. La justice avait ensuite transformé ces condamnations en peines de réclusion à perpétuité en appel.

Des milliers de détenus transférés depuis la Syrie

Les prisons irakiennes accueillent également des milliers de personnes soupçonnées d’appartenir à l’EI. Début 2026, plus de 5 700 personnes de près de 60 nationalités avaient été transférées en Irak après plusieurs années de détention dans des camps et centres contrôlés par les forces kurdes dans le nord-est de la Syrie.

L’État islamique avait conquis d’importants territoires en Irak et en Syrie au cours de la guerre syrienne. La coalition internationale dirigée par les États-Unis a contribué à sa défaite territoriale en Irak en 2017, puis en Syrie en 2019.

Le procès des Français détenus à Bagdad intervient ainsi dans un contexte judiciaire et diplomatique sensible, alors que leurs avocats demandent à la France de prendre en charge leur situation.

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