Téhéran redoute une escalade régionale et alerte sur les conséquences énergétiques d’une implication européenne

L’Iran hausse le ton face aux puissances européennes. Téhéran a averti la France et le Royaume-Uni contre tout déploiement militaire dans le détroit d’Ormuz, estimant qu’une telle initiative risquerait d’aggraver les tensions régionales et de provoquer une flambée des prix de l’énergie.

Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaeil Baghaei, a appelé les pays européens à éviter toute action susceptible de « porter atteinte à leurs intérêts ». Selon lui, une intervention militaire dans le Golfe persique créerait « de nouvelles complications » dans une région déjà sous forte pression.

« Cette guerre n’est pas seulement contraire à l’éthique, elle est aussi illégale. Les États-Unis et Israël ont commencé leur agression contre l’Iran », a déclaré le responsable iranien. Il a également exhorté les capitales européennes à ne pas « se laisser entraîner » dans le conflit.

Une proposition iranienne transmise à Washington

Parallèlement, les contours de la réponse iranienne à la dernière proposition américaine commencent à émerger. D’après l’agence officielle IRNA, Téhéran a transmis sa position à Washington par l’intermédiaire d’une médiation pakistanaise.

Plusieurs médias internationaux évoquent un document détaillant les conditions iraniennes pour une désescalade progressive. L’Iran proposerait notamment un arrêt initial des hostilités, accompagné d’un assouplissement des restrictions maritimes et de discussions nucléaires étalées sur 30 jours.

En outre, Téhéran accepterait de diluer une partie de son uranium enrichi et de transférer certains stocks vers un pays tiers. Cependant, les autorités iraniennes refusent toujours tout démantèlement complet de leur programme nucléaire.

L’Iran réclame également des garanties internationales. Les dirigeants iraniens exigent notamment la restitution des matières transférées en cas d’échec des négociations, ainsi qu’un allègement des sanctions économiques.

Des divergences persistantes avec Washington et Tel-Aviv

Malgré ces ouvertures, les divergences restent profondes entre les différentes parties. Le président américain, Donald Trump, a jugé la réponse iranienne « inacceptable ». Il a réaffirmé la volonté de Washington de contrôler les stocks d’uranium enrichi détenus par Téhéran.

De son côté, le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, maintient une ligne dure. Il insiste sur la nécessité d’éliminer les capacités nucléaires iraniennes et n’exclut toujours pas une option militaire.

Face à cette pression, Téhéran affirme vouloir privilégier la fin des hostilités avant d’aborder les autres dossiers liés au nucléaire.

Téhéran attaque également l’AIEA

Dans le même temps, les autorités iraniennes ont vivement critiqué le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), Rafael Grossi.

Esmaeil Baghaei accuse Rafael Grossi d’avoir abandonné son rôle technique après ses déclarations sur la résistance du programme nucléaire iranien malgré les frappes militaires.

L’Iran demande désormais au chef de l’AIEA de condamner explicitement les frappes américaines et israéliennes contre ses installations nucléaires. Téhéran réclame également des garanties pour empêcher toute nouvelle attaque contre ses sites stratégiques.

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