Au Mali, les autorités et les populations tentent de reprendre leur souffle après un week-end sous haute tension. Cependant, malgré une accalmie apparente, l’inquiétude persiste dans le pays, quelques jours après les attaques coordonnées menées par des groupes armés.
Des attaques coordonnées d’une rare intensité
D’abord, les rebelles du Front de libération de l’Azawad (FLA) et les jihadistes du Groupe de soutien à l’Islam et aux musulmans (GSIM), affiliés à al-Qaïda, ont lancé des offensives simultanées dans au moins sept villes. Parmi les zones les plus touchées figure Kati, bastion militaire situé près de Bamako.
Lors de ces attaques, des assaillants ont ciblé la résidence du ministre de la Défense, Sadio Camara, qu’ils ont tué dans un attentat suicide confirmé par la junte le dimanche 26 avril.
Kidal échappe au contrôle de l’État
Ensuite, la situation a rapidement basculé dans le nord du pays. À Kidal, les combattants du Groupe de soutien à l’Islam et aux musulmans et du Front de libération de l’Azawad ont pris le contrôle total de la ville.
Dans la foulée, après des négociations, les éléments du groupe paramilitaire russe Africa Corps ainsi que l’armée malienne ont quitté la zone pour rejoindre Gao, accompagnés des autorités civiles. La junte évoque un « repositionnement », reconnaissant de fait son retrait de la ville.
Une riposte revendiquée par l’armée
Par ailleurs, les autorités militaires affirment avoir infligé de lourdes pertes aux assaillants. Elles annoncent avoir tué environ 200 « terroristes ». Le chef d’état-major général des armées décrit une situation « très tendue » le 25 avril et dénonce « un plan de déstabilisation vaste et complexe », tout en assurant que les forces armées ont repoussé plusieurs attaques.
Une population toujours sous tension
Enfin, malgré un calme relatif observé dans certaines zones, la population reste profondément préoccupée. Face à l’intensité des violences et à l’ampleur des offensives, de nombreux Maliens redoutent une aggravation de l’instabilité sécuritaire dans les jours à venir.
