Le Conseil des diffuseurs et éditeurs de Presse du Sénégal (CDEPS) a exprimé son soutien total au journaliste Ibrahima Lissa Faye, convoqué à la Sûreté urbaine du Sénégal en lien avec ses prises de position sur la gestion du Fonds d’appui et de développement de la presse (FADP).
Une inquiétude sur la liberté de la presse
Dans un communiqué publié ce lundi 30 mars 2026, le CDEPS fait part de sa vive préoccupation face à cette convocation. L’organisation y voit un signal préoccupant dans un contexte de tensions autour de la liberté de la presse.
Elle rappelle que l’analyse critique de la gestion des ressources publiques relève pleinement de l’exercice du journalisme et de la liberté d’expression.
Appel à la transparence plutôt qu’à la pression
Le CDEPS estime que les éléments avancés par le journaliste reposent sur des données « vérifiables ». Il appelle ainsi à un débat public transparent, tout en dénonçant toute tentative d’intimidation visant à réduire les voix critiques.
Des déséquilibres dans la répartition du FADP
L’organisation attire également l’attention sur des déséquilibres jugés préoccupants dans la répartition du FADP pour 2025.
Sur un budget global de 1,9 milliard de FCFA, plus de 42 % des ressources seraient alloués aux médias publics et structures de gouvernance, notamment Agence de Presse Sénégalaise (APS), Le Soleil et la Radiodiffusion Télévision Sénégalaise (RTS).
À l’inverse, la presse privée ne percevrait que 36 % de l’enveloppe, dans un contexte marqué par la baisse des revenus publicitaires et des conventions avec l’État.
Des interrogations sur la gouvernance
Le communiqué évoque également une réaffectation d’environ 40 millions de FCFA au profit de la Maison de la Presse du Sénégal, qui ne reposerait sur aucune base réglementaire clairement établie.
Cette situation soulève des questions sur la légalité et la transparence de certaines décisions.
Appel à un audit indépendant
Face à ces constats, le CDEPS demande :
- La publication détaillée des bénéficiaires du FADP,
- La clarification des critères d’attribution,
- L’ouverture d’un audit indépendant sur la gestion du fonds.
L’organisation conclut en rappelant que la liberté de la presse dépend aussi des conditions économiques des médias, avertissant que les pressions sur les journalistes, combinées à la fragilisation du secteur, pourraient nuire à l’équilibre du débat démocratique.
