Dans un contexte de fortes tensions, Mohammad Bagher Ghalibaf émerge comme le dirigeant le plus visible de la République islamique.

En effet, la disparition de figures majeures comme Ali Khamenei et Ali Larijani renforce considérablement son influence au sommet de l’État.

Selon plusieurs experts, il supervise désormais l’effort de guerre et oriente la stratégie nationale.

Un profil au carrefour des pouvoirs

Au fil des années, Mohammad Bagher Ghalibaf construit un réseau solide au sein des institutions clés du régime.

Il passe notamment par les Gardiens de la révolution, la police de Téhéran, puis la mairie de la capitale avant de diriger le Parlement.

Grâce à ce parcours, il tisse des liens transversaux entre les sphères militaire, sécuritaire et politique.

Pour l’analyste Farzan Sabet, il incarne aujourd’hui le principal coordinateur de la stratégie iranienne.

Une communication active en période de guerre

Alors que Mojtaba Khamenei reste discret et peu visible publiquement, Mohammad Bagher Ghalibaf multiplie les prises de parole.

Il publie régulièrement des messages et accorde plusieurs interviews pour affirmer la position iranienne.

Il insiste notamment sur la nécessité d’adopter une stratégie adaptée à une guerre asymétrique.

Une figure puissante mais prudente

Malgré cette exposition, Mohammad Bagher Ghalibaf reste attentif à sa sécurité personnelle.

Contrairement à Ali Larijani, il évite certaines apparitions publiques sensibles.

Pour Arash Azizi, il est aujourd’hui l’homme le plus puissant d’Iran, car il cumule des responsabilités stratégiques dans plusieurs domaines.

Un parcours marqué par l’ambition et l’expérience

Âgé de 64 ans, Mohammad Bagher Ghalibaf dispose d’une longue expérience militaire et politique.

Il participe à la guerre Iran-Irak entre 1980 et 1988 et gravit rapidement les échelons militaires.

Plus tard, il prend la tête de la police nationale, puis devient maire de Téhéran pendant douze ans.

Malgré plusieurs candidatures à la présidentielle, il échoue, notamment face à Mahmoud Ahmadinejad en 2005.

Ses partisans saluent sa gestion pragmatique, tandis que ses opposants dénoncent des accusations de corruption et son rôle dans la répression de mouvements contestataires.

Un acteur clé dans un Moyen-Orient en mutation

Élu président du Parlement en 2020, Mohammad Bagher Ghalibaf défend des réformes économiques tout en restant fidèle aux principes du régime.

Aujourd’hui, il anticipe une recomposition du Moyen-Orient sous l’effet du conflit en cours.

Il affirme toutefois que ce nouvel ordre ne sera pas dominé par les États-Unis, marquant ainsi la ligne stratégique de Téhéran.

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