Réunis à Notto, les maraîchers de la zone des Niayes dénoncent des difficultés persistantes d’écoulement de leurs productions. Malgré des mesures annoncées par l’État, ils affirment que la régulation du marché reste inefficace sur le terrain.

Une filière sous forte pression

Le Cadre de concertation des maraîchers de la zone des Niayes, par la voix de son porte-parole Mbaye Ndoye, a tiré la sonnette d’alarme lors d’une réunion tenue à Notto, dans le département de Tivaouane.

Les petits producteurs horticoles font face à de graves difficultés de commercialisation. Les produits les plus touchés sont l’oignon, la pomme de terre et la carotte.

Pourtant, les autorités ont annoncé plusieurs mesures de régulation. Dans une lettre circulaire du 25 février 2026, le ministre de l’Industrie et du Commerce a suspendu la commercialisation de la pomme de terre par les agro-industries à partir du 28 février 2026.

L’objectif affiché est d’assurer une meilleure régulation du marché.

Des mesures jugées inefficaces sur le terrain

Cependant, selon Mbaye Ndoye, les décisions prises ne produisent pas les effets attendus.

Interrogé par l’Agence de presse sénégalaise, il affirme que des agro-industries continuent d’approvisionner les marchés. Ces produits seraient, selon lui, de qualité jugée « inférieure », notamment des oignons de petit calibre appelés « grenaille ».

Cette situation aurait provoqué une chute notable des prix.

« Nous, petits producteurs des Niayes, n’avons pas trouvé preneurs pour nos stocks », a-t-il déploré.

Des prix de vente en dessous des coûts

D’après le porte-parole, certains opérateurs écoulent leurs produits à Dakar à 5 000 FCfa le sac de 25 kg, soit environ 200 FCfa le kilogramme.

Or, les producteurs estiment leur coût de revient autour de 260 FCfa le kilogramme.

Dans ces conditions, vendre en dessous de 5 000 FCfa représenterait une perte nette pour les exploitants.

Les maraîchers regrettent aussi que ces réalités ne soient pas suffisamment prises en compte lors des réunions avec l’Agence de régulation des marchés (ARM).

Boycott des réunions de l’ARM

Face à ce qu’ils considèrent comme une absence de résultats concrets, les producteurs ont décidé de ne plus participer aux rencontres convoquées par l’ARM.

Ils exigent désormais que les concertations se tiennent directement au ministère de l’Industrie et du Commerce. Leur objectif est d’obtenir des arrêtés contraignants réellement appliqués sur le terrain.

Le Cadre de concertation appelle également les producteurs des quatre régions des Niayes — Dakar, Thiès, Louga et Saint-Louis — à se mobiliser.

La menace d’une escalade

Les maraîchers préviennent qu’ils pourraient « passer à la vitesse supérieure » si la situation perdure.

Ils demandent une audience avec le Premier ministre ou le président de la République. Ils évoquent notamment une « rétention d’informations » sur les mécanismes de régulation.

À défaut de débouchés rapides, certains producteurs envisagent de déverser leurs récoltes invendues en signe de protestation.

La « Déclaration de Notto » comme cri d’alarme

À travers la Déclaration de Notto, les maraîchers veulent alerter l’opinion nationale et internationale sur la situation préoccupante du secteur.

Ils appellent les autorités à prendre des mesures urgentes pour :

  • protéger la production locale ;
  • garantir une commercialisation équitable ;
  • rétablir la confiance entre acteurs.

Cette rencontre a également permis de faire le point sur les précédents échanges avec les autorités et de dégager les perspectives du secteur horticole.

La crise de commercialisation dans les Niayes révèle les fragilités persistantes de la filière horticole. Sans mesures rapidement effectives sur le terrain, les tensions entre producteurs et autorités pourraient encore s’intensifier.

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