Le soutien officiel du Sénégal à la candidature de Macky Sall au secrétariat général de l’ONU continue de susciter des réactions au sein de la scène politique sénégalaise. À New York, Bassirou Diomaye Faye a de nouveau défendu cette candidature au nom des intérêts diplomatiques du Sénégal et de l’Afrique.
À la tribune de l’Assemblée générale des Nations unies, le 24 septembre, Bassirou Diomaye Faye a renouvelé son soutien à la candidature de son prédécesseur. Le chef de l’État a appelé les États membres à appuyer Macky Sall et a mis en avant son expérience.
Selon le président sénégalais, l’ONU a besoin d’un dirigeant capable de dialoguer avec l’ensemble des États membres et de construire des passerelles. Il estime également que l’organisation a besoin d’un « leadership expérimenté » dans un contexte international marqué par les crises et les incertitudes.
Un soutien officiel décidé en juillet
Dakar avait officialisé son soutien à la candidature de Macky Sall le 20 juillet. Cette décision faisait suite à une audience accordée à l’ancien président par Bassirou Diomaye Faye, le 17 juillet au palais de la République.
Lors de cette rencontre, Macky Sall avait présenté sa candidature au chef de l’État et sollicité le soutien du Sénégal. La présidence avait alors présenté l’entretien comme un moment relevant de la continuité de l’État et de la permanence des institutions.
À l’issue des échanges, le président Faye avait chargé le gouvernement et le réseau diplomatique sénégalais de promouvoir la candidature auprès des États membres de l’ONU. Le gouvernement avait également présenté cette candidature comme celle du Sénégal et de l’Afrique.
Des critiques au nom des demandes de justice
Cette décision suscite toutefois des réactions chez certains acteurs qui défendent une rupture avec la gouvernance précédente. Ces critiques portent notamment sur la coexistence entre le soutien diplomatique accordé à Macky Sall et les demandes de reddition des comptes liées à la période 2021-2024.
Des organisations de la société civile et le Collectif des victimes des événements politiques survenus entre 2021 et 2024 ont ainsi contesté cette démarche, selon des informations rapportées par la presse.
Ces acteurs demandent notamment que les procédures liées aux violences politiques et aux responsabilités présumées suivent leur cours. Seydi Gassama avait, de son côté, appelé les victimes à rencontrer le président de la République afin de lui présenter leurs revendications.
L’exécutif invoque la continuité de l’État
Du côté des soutiens du président Faye, le soutien à Macky Sall relève d’abord de la diplomatie et des intérêts de l’État. Cette lecture distingue la promotion d’une candidature internationale de la conduite des procédures judiciaires au Sénégal.
L’APR a également salué le renouvellement de ce soutien à New York. Le parti de Macky Sall considère cette démarche comme relevant de la continuité de l’État et estime qu’elle doit dépasser les clivages politiques.
Macky Sall a lui-même exprimé sa gratitude au président Faye après l’annonce du soutien officiel de Dakar. Il a salué une décision qu’il a présentée comme un honneur.
Une candidature encore soumise au processus de l’ONU
Le soutien du Sénégal constitue une étape diplomatique, mais il ne suffit pas à déterminer l’issue de la procédure de sélection du prochain secrétaire général des Nations unies.
Bassirou Diomaye Faye a rappelé à New York que la décision finale dépendra notamment du Conseil de sécurité. Le processus doit ainsi passer par les mécanismes prévus par l’ONU avant l’issue du mandat d’Antonio Guterres, prévue à la fin de 2026.
Le débat sénégalais reste donc marqué par deux dimensions distinctes : d’un côté, le choix diplomatique de Dakar de soutenir une candidature sénégalaise ; de l’autre, les revendications d’acteurs qui demandent que les questions de justice liées à la période précédente continuent d’être traitées par les institutions compétentes.
