Le Premier ministre Ousmane Sonko a annoncé la mise en place d’un comité de réflexion chargé d’étudier l’interdiction de l’accès à Internet pour les mineurs de moins de 16 ans. Une initiative présentée comme une réponse aux enjeux de protection des valeurs sociales et éducatives, mais qui suscite déjà interrogations et débats.
Une annonce faite lors des assises des daaras
C’est à l’occasion de la clôture des assises des daaras que le chef du gouvernement a dévoilé cette mesure envisagée. L’objectif affiché : encadrer l’exposition des jeunes aux contenus jugés sensibles ou contraires aux normes sociales.
« Il est parfois plus dangereux de diffuser l’acte prohibé que l’accomplissement de l’acte lui-même. À force d’entendre de tels actes, on finit par les banaliser. C’est pourquoi il faut protéger la société », a déclaré Ousmane Sonko, cité par la presse.
La protection des valeurs au cœur du projet
Pour le Premier ministre, cette initiative s’inscrit dans une démarche plus large de préservation des valeurs culturelles, morales et éducatives.
Il estime que les enfants et adolescents constituent une catégorie particulièrement vulnérable face aux contenus diffusés sur Internet et les réseaux sociaux, d’où la nécessité, selon lui, d’un encadrement renforcé.
Une question de souveraineté nationale
Au-delà de l’aspect sociétal, Ousmane Sonko a inscrit cette réflexion dans une logique de souveraineté. Il a dénoncé des pressions internationales visant le Sénégal, notamment après certaines orientations politiques jugées sensibles à l’étranger.
Selon lui, une minorité de pays, représentant une faible part de la population mondiale mais disposant d’une puissance économique et médiatique importante, chercherait à influencer les choix du pays.
« La souveraineté n’a pas de prix »
Le chef du gouvernement a insisté sur la nécessité pour le Sénégal de défendre ses propres choix de société, même au prix de sacrifices.
« On doit consentir des sacrifices pour notre souveraineté. La souveraineté n’a pas de prix », a-t-il affirmé, appelant à construire un modèle de société en adéquation avec les valeurs nationales.
Une mesure encore à l’étude
À ce stade, la création d’un comité de réflexion marque le début du processus. Aucune décision définitive n’a encore été prise quant à l’application concrète de cette éventuelle interdiction.
Les conclusions de ce comité seront déterminantes pour évaluer la faisabilité juridique, technique et sociale d’une telle mesure, qui pourrait profondément transformer l’accès au numérique pour les jeunes au Sénégal.
