Dans une longue interview accordée au YouTubeur Aliotalk, le journaliste français Philippe Doucet, spécialiste et fin connaisseur du football africain, a livré une analyse sévère du football maghrébin, qu’il accuse de manquer d’ambition et de multiplier les pertes de temps lors des matchs.
Au cours de cet entretien de plus d’une heure, publié sur YouTube, Aliotalk a longuement échangé avec l’ancien journaliste de Canal+, qui suit la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) depuis de nombreuses années. Philippe Doucet y aborde plusieurs thèmes liés au niveau de la compétition et analyse les performances de sélections majeures telles que le Cameroun, la Côte d’Ivoire, l’Égypte, le Ghana ou encore le Sénégal.
Le journaliste s’est également penché sur les sélections du Maghreb, notamment le Maroc, la Tunisie et l’Algérie, qui totalisent à elles trois seulement quatre titres dans l’histoire de la CAN. Selon lui, ces équipes rencontrent souvent des difficultés lorsqu’elles disputent la compétition en Afrique subsaharienne.
« Les pays du Maghreb ont du mal à voyager, et je ne parle pas des clubs », affirme Philippe Doucet. Il estime que certaines sélections ont parfois affiché, par le passé, une forme de mépris ou de condescendance, ce qui a pu nuire à leur motivation. « Une CAN, c’est long. Quand vous n’êtes pas contents d’être là, au bout d’une semaine, ça se ressent », ajoute-t-il, précisant qu’il ne fait pas référence à l’édition actuellement organisée au Maroc, mais à des tournois précédents.
Philippe Doucet s’est ensuite attardé sur le cas de l’Algérie, sacrée championne d’Afrique en 2019, mais éliminée dès la phase de groupes en 2021 et 2023. Il dénonce une tendance à la contestation et aux excuses. « Ça, c’est l’Algérie qui ne va pas bien : “oui mais l’arbitre, mais si, mais ça” », lance-t-il, avant d’élargir son propos à l’ensemble du football maghrébin.
Selon lui, le principal défaut de ces équipes réside dans la gestion du temps de jeu. « Le gros défaut du football maghrébin, c’est que le temps de jeu dans les matchs est catastrophique. Si vous jouez 50 minutes, c’est le grand maximum. Vous ne jouez jamais au foot », déplore-t-il. Il fustige également les simulations, les contestations répétées et les stratégies jugées excessivement calculatrices.
« On mène 1-0, le gardien se roule par terre quatre fois. Quand c’est 1-1, c’est l’autre gardien qui fait pareil. C’est insupportable », insiste-t-il. Selon lui, cette approche tactique nuit parfois à des équipes pourtant dotées d’un réel talent. « J’ai vu des équipes maghrébines trop calculatrices alors qu’elles avaient les moyens d’appuyer et de tuer le match », regrette-t-il.
Philippe Doucet conclut en citant l’exemple de l’Égypte, qu’il qualifie d’« ultra calculatrice », mais dont l’efficacité se traduit par des titres. « L’avantage, c’est qu’elle gagne », tranche-t-il.
