En République démocratique du Congo, la justice militaire cherche à rétablir la discipline au sein des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC). À Kisangani, dans la province de la Tshopo, 84 militaires comparaissent devant le tribunal militaire de garnison pour « révolte », « refus de combattre » et « dissipation de munitions de guerre ».
Les faits reprochés aux soldats remontent à février dernier dans la localité de Pinga, située dans le territoire de Walikale, au Nord-Kivu, alors que l’armée affrontait les rebelles de l’Alliance Fleuve Congo / M23, soutenus selon Kinshasa par l’armée rwandaise.
Des soldats accusés d’avoir refusé le combat
D’après le ministère public, les militaires ont refusé d’aller au combat en dénonçant notamment le non-paiement de leurs primes. Cette contestation aurait entraîné des tirs dans la cité de Pinga.
L’armée interdit strictement les réclamations collectives dans ses rangs. À la suite de ces événements, le commandant de la troisième zone de défense a saisi la justice militaire afin d’organiser un procès présenté comme « pédagogique et dissuasif » pour l’ensemble des troupes.
Une première audience consacrée à l’identification
Le procès s’est ouvert le 29 avril devant le tribunal militaire de garnison de Kisangani. Lors de la première audience, les juges ont procédé à l’identification des accusés avant l’ouverture de l’instruction prévue lundi.
Un avocat de la défense a dénoncé un dossier sans preuves solides et a estimé qu’un tel procès pourrait « déstabiliser l’armée ».
Détenus depuis deux mois dans la prison militaire de Kisangani, les 84 soldats risquent la prison à perpétuité.
