L’ancien président du Sénat congolais, Alexis Thambwe Mwamba, a été arrêté vendredi 23 octobre à Kinshasa avant d’être libéré tard dans la soirée. Selon les premières informations disponibles, le Conseil national de cyberdéfense (CNC), un service rattaché à la présidence de la République, l’a interpellé dans le cadre d’une enquête sur un présumé réseau de fabrication de passeports sans autorisation de l’Agence nationale de renseignements (ANR). L’ancien dignitaire doit toutefois se présenter de nouveau devant le CNC pour poursuivre les auditions.
Le Conseil national de cyberdéfense à l’origine de l’interpellation
Les circonstances de l’arrestation d’Alexis Thambwe Mwamba commencent à se préciser. Vendredi 23 octobre, peu avant 8 heures, soit 6 heures TU, des dizaines d’agents du Conseil national de cyberdéfense ont investi la résidence de l’ancien président du Sénat à Kinshasa.
Ce service, qui relève de la présidence de la République démocratique du Congo, a maintenu l’ancien dignitaire en détention pendant une grande partie de la journée avant de le libérer après 21 heures, soit 19 heures TU.
Cette interpellation a rapidement suscité des interrogations, notamment en raison des liens qu’Alexis Thambwe Mwamba entretient avec l’ancien président Joseph Kabila, qui a pris la tête de la rébellion FRN. Toutefois, selon les sources citées dans les premières informations sur l’affaire, les enquêteurs ne l’auraient pas arrêté en raison de ses relations avec l’ancien chef de l’État.
Un présumé réseau de fabrication de passeports au cœur de l’affaire
Selon les informations recueillies auprès de sources proches du dossier, l’enquête porte sur des passeports qui auraient été délivrés sans l’autorisation de l’Agence nationale de renseignements.
Le Conseil national de cyberdéfense chercherait ainsi à démanteler un réseau présumé qui ferait établir des passeports authentiques au profit de demandeurs sans obtenir le feu vert préalable de l’ANR.
Par ailleurs, les motifs de l’interpellation ne seraient liés ni au séjour d’Alexis Thambwe Mwamba en Europe ni à son déplacement à Kindu, dans son fief de la province du Maniema.
Dans le cadre de cette même affaire, les services de renseignement avaient déjà interpellé un ancien collaborateur de l’ex-président du Sénat, aujourd’hui cadre au ministère des Affaires étrangères. Les enquêteurs cherchent désormais à établir les éventuels liens entre les différentes personnes citées dans ce dossier.
Une nouvelle audition prévue au Conseil national de cyberdéfense
Malgré sa libération vendredi soir, Alexis Thambwe Mwamba doit poursuivre ses échanges avec les enquêteurs. Les autorités lui ont demandé de se présenter ce samedi au Conseil national de cyberdéfense pour la suite des auditions.
Cette nouvelle convocation devrait permettre aux enquêteurs d’approfondir leurs investigations sur le présumé réseau de fabrication de passeports et de préciser le rôle éventuel des personnes impliquées.
Pour l’heure, les éléments disponibles ne permettent pas d’établir publiquement la responsabilité de l’ancien président du Sénat dans les faits examinés. La suite des auditions devra donc éclaircir les circonstances de son interpellation et déterminer les éventuelles suites judiciaires de cette affaire.
