Chapô : Le Trésor américain a annoncé, mercredi 28 octobre, de nouvelles sanctions contre le ministère rwandais de la Défense et Zigama Credit and Savings Society. Washington accuse Kigali de soutenir le mouvement rebelle M23 dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), en violation de ses engagements dans le cadre des accords de Washington.
Washington accentue la pression sur Kigali
Les États-Unis renforcent leur pression sur le Rwanda. Mercredi 28 octobre, le département du Trésor américain a annoncé des sanctions contre le ministère rwandais de la Défense et Zigama Credit and Savings Society, une institution financière destinée aux membres des forces de sécurité du pays.
« Le Rwanda doit mettre un terme à son soutien au M23 et retirer ses troupes de l’est de la République démocratique du Congo », a déclaré le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent.
Washington présente ces mesures comme une réponse au non-respect des engagements pris par Kigali dans le cadre des accords conclus en décembre dernier entre les dirigeants rwandais et congolais, sous la médiation américaine. Le président Donald Trump a régulièrement mis en avant cet accord diplomatique.
Washington accuse l’armée rwandaise de soutenir le M23
Selon les autorités américaines, plusieurs milliers de soldats rwandais combattent aux côtés du M23 dans l’est de la RDC. Washington affirme également que des missiles sol-air et des équipements de brouillage aérien seraient déployés sur le terrain, en contradiction avec les engagements pris par Kigali.
Malgré les efforts diplomatiques, la situation sécuritaire dans l’est de la République démocratique du Congo reste préoccupante. Les accords de Washington n’ont, jusqu’à présent, produit que des résultats limités sur le terrain, selon les éléments rapportés.
Kigali dénonce des sanctions à sens unique
Le gouvernement rwandais conteste la lecture américaine du conflit et appelle à une responsabilisation de toutes les parties.
« Toutes les parties doivent être tenues responsables », a réagi Yolande Makolo, porte-parole du gouvernement rwandais.
Elle rappelle que les accords de Washington prévoient également la neutralisation des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), une milice que Kigali accuse de bénéficier du soutien de la RDC. Selon elle, cet engagement n’a toujours pas été respecté et aucune responsabilité n’a été établie à ce sujet.
La porte-parole affirme néanmoins que le Rwanda reste disposé à appliquer pleinement les accords, à condition que la RDC respecte également ses engagements et que le médiateur veille à ce que toutes les parties rendent des comptes.
En mars dernier, après les premières sanctions américaines visant l’armée rwandaise et plusieurs officiers supérieurs, Kigali avait déjà dénoncé des mesures « à sens unique », estimant qu’elles donnaient une image déformée de la réalité du conflit.
Zigama accusée d’avoir facilité des transactions liées au M23
Les sanctions américaines visent également Zigama Credit and Savings Society. Washington accuse cette institution financière d’avoir facilité des transactions de plusieurs millions de dollars au profit du M23. Les autorités américaines lui reprochent aussi d’avoir participé au transport d’or provenant de sites miniers contrôlés par le mouvement rebelle dans l’est de la RDC.
Ces accusations constituent un volet financier important de la stratégie américaine visant à réduire les soutiens présumés du M23.
Gel des avoirs et restrictions sur les transactions en dollars
Les nouvelles sanctions entraînent le gel des biens et des intérêts patrimoniaux du ministère rwandais de la Défense et de Zigama situés aux États-Unis ou détenus sous juridiction américaine. Elles interdisent également, dans le cadre des règles applicables, certaines transactions avec les entités sanctionnées, notamment celles impliquant le système financier américain et le dollar.
Ces mesures s’ajoutent aux sanctions adoptées en mars contre l’armée rwandaise et plusieurs hauts responsables militaires.
En durcissant sa position, Washington entend contraindre Kigali à respecter ses engagements et à contribuer à la désescalade du conflit dans l’est de la RDC. Toutefois, les divergences entre Kigali et Kinshasa sur les responsabilités de chacun continuent de compliquer l’application des accords de paix.
