En République démocratique du Congo, les autorités judiciaires ont lancé une enquête après des soupçons d’irrégularités dans l’attribution et le financement d’un marché public lié à la réalisation d’un documentaire sur le Génocost. Cette affaire intervient dans un contexte sensible marqué par la gestion des fonds destinés aux victimes de la guerre de Kisangani.
Corps de l’article :
Une décision judiciaire face à des soupçons persistants
Alors que de nouvelles allégations de détournement de fonds refont surface, le ministre d’État à la Justice a ordonné l’ouverture d’une enquête. Celle-ci vise un contrat conclu entre le Fonds de réparation des victimes des activités illicites de l’Ouganda (Frivao) et une société congolaise chargée de produire un documentaire consacré au Génocost.
Selon un communiqué officiel, les informations disponibles révèlent de fortes présomptions d’irrégularités dans l’exécution de ce marché public. En effet, les autorités évoquent notamment un décaissement dépassant un million de dollars américains, dont une partie resterait, à ce stade, sans justification claire.
Des manquements présumés aux règles de gestion publique
Par ailleurs, le ministère de la Justice souligne l’absence de production conforme aux clauses contractuelles. De plus, les premiers éléments de l’enquête laissent entrevoir de possibles violations des წეს de gestion des finances publiques ainsi que des procédures de passation des marchés publics.
Ainsi, ces irrégularités présumées soulèvent des interrogations sur la gouvernance des fonds alloués à des projets liés à la mémoire et à la réparation des victimes.
Un dossier lié aux indemnisations de la guerre de Kisangani
Dans ce contexte, il convient de rappeler que les fonds concernés proviennent du mécanisme d’indemnisation mis en place après les activités illicites de l’Ouganda dans le nord-est de la RDC dans les années 2000. En vertu d’une décision de la Cour internationale de Justice, Kampala doit verser 325 millions de dollars à la RDC, répartis en cinq annuités de 65 millions.
C’est dans ce cadre que s’inscrit le financement du documentaire sur le Génocost, aujourd’hui au cœur des investigations.
Des investigations approfondies en perspective
Face à la gravité des faits allégués, le ministre d’État à la Justice a saisi le procureur général près la Cour de cassation. Il lui demande d’identifier les personnes impliquées et d’engager, le cas échéant, les poursuites appropriées.
Dans cette optique, les autorités envisagent plusieurs actes d’enquête, notamment des auditions, des perquisitions, des saisies, des réquisitions bancaires ainsi que des gels d’avoirs.
La défense de la société concernée
De son côté, l’entourage du dirigeant de la société DIVO, chargée de la réalisation du documentaire, affiche sa sérénité. Il affirme être en train de transmettre au garde des Sceaux des éléments contradictoires qui, selon lui, n’avaient pas été pris en compte jusque-là.
L’évolution de cette affaire dépendra désormais des conclusions de l’enquête en cours.

