Un audit préliminaire des effectifs de la Police nationale congolaise (PNC) met en lumière d’importantes irrégularités. Sur 158 000 dossiers examinés, près de 40 % présentent des anomalies, révélant l’ampleur des dysfonctionnements au sein des forces de sécurité.
Selon les autorités, 63 817 dossiers concernent des agents présumés fictifs, des policiers inactifs ou des dossiers administratifs irréguliers. Le gouvernement estime que ces anomalies pourraient entraîner des pertes comprises entre 8,3 et 19,4 millions de dollars par mois, soit jusqu’à 233 millions de dollars par an.
Pour assainir les effectifs, les autorités prévoient de lancer une vaste opération d’identification biométrique et de délivrance de cartes professionnelles afin de mieux contrôler les agents et de maîtriser la masse salariale.
Au-delà de son impact financier, cet audit soulève également des inquiétudes sur le plan sécuritaire. Des organisations de la société civile rappellent que la RDC ne compte qu’environ un policier pour plus de 700 habitants, un ratio largement inférieur aux besoins du pays. Le gouvernement prévoit toutefois de recruter 90 000 nouveaux policiers au cours des cinq prochaines années.
Selon plusieurs sources policières, ces irrégularités résultent de plusieurs années de recrutements non conformes, de recommandations irrégulières et de détournements présumés de salaires. Certains responsables de la police plaident ainsi pour un retour provisoire au paiement manuel des agents afin de faciliter les opérations de contrôle en cours.
