Macky Sall a officiellement retiré sa candidature au poste de secrétaire général de l’Organisation des Nations unies (ONU), le vendredi 17 octobre, depuis Marrakech. Si l’ancien président sénégalais évoque les tendances des votes indicatifs du Conseil de sécurité pour justifier sa décision, le spécialiste en géopolitique Régis Hounkpé y voit également des raisons politiques, géopolitiques et tactiques. Selon lui, l’ancien chef de l’État faisait face à la menace d’un nouveau veto et ne disposait plus de soutiens suffisants pour espérer l’emporter.
Macky Sall a mis fin à sa course au secrétariat général de l’Organisation des Nations unies (ONU). Le vendredi 17 octobre, depuis Marrakech, l’ancien président sénégalais a officialisé le retrait de sa candidature, en invoquant les tendances dégagées lors des votes indicatifs du Conseil de sécurité.
D’après ses explications, ces consultations font apparaître un consensus croissant en faveur d’une candidature féminine originaire d’Amérique latine et des Caraïbes. Face à cette évolution, Macky Sall affirme avoir pris sa décision avec un « profond sens des responsabilités », après avoir consulté Évariste Ndayishimiye, président en exercice de l’Union africaine, ainsi que Bassirou Diomaye Faye, président en exercice de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO).
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Un nouveau veto en perspective
Toutefois, cette justification officielle ne suffit pas à expliquer, à elle seule, le retrait de l’ancien chef de l’État. Interrogé par L’Observateur, Régis Hounkpé, spécialiste en géopolitique, en coopération internationale et en communication stratégique, met en avant d’autres facteurs susceptibles d’avoir pesé dans sa décision.
Selon l’expert, Macky Sall risquait de se heurter à un nouveau veto au Conseil de sécurité. « Le Président Macky Sall était sous la menace d’un véto supplémentaire », affirme-t-il. Il estime ainsi que les résultats des votes indicatifs ne lui ont pas permis de se hisser « en pôle position » dans la course au secrétariat général de l’ONU.
Des soutiens insuffisants sur la scène internationale
Par ailleurs, Régis Hounkpé souligne que l’ancien président sénégalais ne bénéficiait pas d’un soutien unanime sur le continent africain. « La question n’était pas totalement unanime », relève-t-il.
Cette absence de consensus aurait donc fragilisé les chances de Macky Sall, malgré les appuis dont il pouvait disposer. Pour le spécialiste, le retrait de sa candidature résulte ainsi d’un ensemble de considérations « politiques et géopolitiques », auxquelles s’ajoutent des calculs tactiques.
En définitive, Régis Hounkpé estime que l’ancien chef de l’État a fini par mesurer les limites de ses chances face aux rapports de force au sein du Conseil de sécurité. Il aurait alors choisi de se retirer, conscient que les conditions ne lui permettaient plus de poursuivre la course dans une position favorable.
